mercredi, 17 juin 2009
Un bac facilement acquis
Quand j'étais en Terminale il y avait dans ma classe une fille qui était très forte en allemand. Sa mère était allemande et elle parlait couramment allemand et accumulait les 18/20 en allemand.
Et non, la prof était si sévère, que même en ne faisant aucune faute, elle n'arrivait pas à avoir 20/20, ni même 19/20. La prof appliquait la maxime selon laquelle 20/20 était pour le bon Dieu, 19/20 pour elle, et 18/20 pour le meilleur élève.
Seulement voilà, nous étions toutes seconde langue, et nous n'arrivions pas à la cheville de cette championne de l'allemand. La deuxième avait 10/20 car elle était notée par rapport à cette diva de l'alllemand. C'était la première de classe qui avait 10/20 alors que la bilingue avait des notes moyennes partout ailleurs.
La deuixème avait 9,5/20, la troisième avait 9,25 et la quatrième 9/20 et je crois que cette quatrième, c'était moi. La classe avait 40 élèves, imaginez les notes des autres!
A Pâques, je suis allée passer 15 jours en Allemagne; après avoir appris l'allemand pendant presque 5 ans d'une manière très traditionnelle : grammaire, listes de vocabulaire, thème et version, version et questions (c'était dans les questions qu'en anglais comme en allemand, j'étais la moins bonne, car on n'avait aucun entraînement en classe), je comprenais tout ce que les gens disaient. Pourtant ce ne sont pas de lointains ancêtres alsaciens qui auraient provoqué ce phénomène, mais mon travail et même si j'avais encore parfois quelque peine à mettre le verbe à la fin de la subordonnée en parlant, et que je devais souvent me reprendre à ce sujet, je parlais quasiment couramment. Déjà lorsque le père de ma correspondante est venu la conduire chez nous en juillet entre la première et la terminale, je parlais avec lui et comprenais tout ce qu'il disait et quand je ne comprenais pas, je le devinais.
A la rentrée nous avions une autre prof, cette fois-ci les non bilingues (c'est à dire tous, sauf une) ont eu droit aux notes supérieures à la moyenne et je suis arrivée à la mirobolante moyenne de 12/20.
Au bac j'ai passé un oral de seconde langue (les sections et les exiamens n'étaient pas les mêmes que maintenant, on passait des oraux, là où c'est à l'écrit aujourd'hui). J'ai eu une texte du Chassard et Weil, où l'on parlait de quelqu'un qui traversait la RDA en train, en passant près des usines de Leuna. J'ai parler de l'Allemagne coupée en deux (elle l'était encore à cette époque), des deux Allemagne, etc...
A la fin, le prof tout souriant m'a dit "Ah! Si tout le monde parlait allemand comme vous!" (J'ai eu le même tout en grammaire en première année d'université, le prof m'avait dit : "Ah! Si tout le monde était aussi bon en grammaire que vous!" Cependant, je n'ai eu que 13/20 ce qui était une excellente note à l'époque); revenons au bac, l'examinateur s'est plongé dans mon livret scolaire :
"Il y a eu une forte remontée entre le deuxième et le troisièmre trimestre" m'a-t-il dit.
"Et bien, j'ai passé quinze jours en Allemagne", ai-je répondu.
"ça n'explique pas tout", m'a t-il dit.
"On a changé de professeur" ai-je dit.
"Ah oui, mais enfin 12, par rapport à votre niveau, ce n'est pas bien payé! Quand à celle qui vous a mis 9/20 aux autres trimestres, non, alors, là! "
"Mais j'ai fait des progrès en Allemagne!" ai-je répondu.
Il m'a dit : "Même en étant allée quinze jours en Allemagne, pour avoir le niveau que vous avez maintenant, il faut vraiment avoir beaucoup travaillé avant."
Mais concernant le titre de la note "Un bac facilement acquis", je ne veux pas parler de moi, mais de la bilingue, la seule qui faisait trois langues dans la classe. Les autres faisant maths ou latin.
Elle a eu son bac avec mention TB et a battu toute la tête de classe, alors qu'elle n'y était pas durant l'année scolaire. Disons que pour elle, c'était surtout la mention qui a été facilement acquise par son bilinguisme.
En fait, notre camarade avait caché toute l'année (elle venait d'une autre école) qu'elle avait fait de l'espagnol juqu'en première et de l'allemand seulement en Terminale. En effet, comme elle parlait couramment allemand, ses parents avaient décidé de lui faire étudier l'anglais en sixième et l'espagnol en quatrième; comme elle ne faisait ni maths, ni latin, elle allait au cours d'espagnol avec les D qui faisaient presque toutes seconde langue espagnol, alors qu'en A on faisiat toutes seconde langue allemand. Cela vernait du fait que les scientifiques éaient issus de l'enseignement court en collège avec physique-chimie au collège et pas de seconde langue et avaient pour la plupart commencé la seconde langue en seconde alors que les littéraires, nous étions toutes issues de classes de latinistes. Car nous étions la première génration a avoir eu la réforme ABCD
(à propos de la E, il faudra que je vous raconte quelque chose à propos de mon frère qui a eu par erreur un bac E, en croyant que c'était un bac électronique, après avoir suivi une section technique électronique). Et on avait gardé la configuration des anciennes classes de philo, sciences ex et maths elem.
Donc, ma camarade de classe, pour en revenir à elle, avait pris allemand LV1, alors qu'elle était bilingue, anglais LV2, alors qu'elle était LV1 et espagnol LV3 alors qu'elle était LV2. Donc pour la LV2 et la LV2, elle avait étudié ses langues deux années de plus que les autres, un bon calcul de la part des parents.... et nous avait toutes battues sur le fil au finish. C'était la seule mention TB.
Les deux têtes de classe, depuis toujours les meilleures de la classe ont eu mention B.
Et bien que placée toute l'année sur 40 élèves, vers la 20ème place, et ayant eu en février mon bac blanc sans mention avec une moyenne de 11, je me suis retrouvée dans le peloton des quatre mentions AB de la session de juin (première session), avec 13 de moyenne, donc, parmi les 7 premières des 40. On n'étaient sur les 40 que 14 à avoir eu ce bac réputé "facile" en juin. Et environ une dizaine d'autres ont eu leur bac en septembre, et pourtant, on était une bonne classe avec 1/3 des élèves qui avaient un an d'avance avec 16 ans et demi ou juste 17 ans au moment du bac). Celle qui avait mention TB avait 19 ans et les deux têtes de classe qui avaient B, 18 ans, je crois que nous étions deux "jeunes" parmi les mentions AB.
Bon, pour ce qui en est de mon frère, voilà ce qui s'est passé. En 5ème il n'était pas bon en histoire, c'était une lacune qu'il tirait depuis son enfance. Car il avait toujours eu du mal à apprendre ses résumés d'histoire par coeur. J'étais haute comme trois pomme et quand mon frère apprenait ses résumés, je le singeais, puis je continuai à les réciter en dansant dans la salle à manger et le couloir comme si c'était des chansons, je n'avais pas plus que 3/4 ans, et je savais tous ses résumés d'histoire par coeur.
Mais maintenant, demandez lui la date de la bataille de Marignan, il répondra infailliblement 1515!
Quand mon père rentrait du travail, ma mère disait : ".... ne sait pas encore son résumé!"
"Viens me le réciter!" disait mon père. A la première hésitation, mon père se mettait en colère et moi narquoise je disais, je sais la suite et je récitai le résumé jusqu'au bout.
Alors, mon père se fâchait sur moi "Tu vas te taire!" "Au coin!" Et alors, j'allais pleurer toutes mes larmes au coin, sentant que c'était une infâme injustice. Et on me criait d'arrêter mes comédies, etc... Mais ce n'était pas une comédie, c'était terrible pour moi de ne pas pouvoir réciter le résumé que je savais par coeur. Ajoutons, que je comprenais parfaitement le sens du résumé.
Arrivé en 5ème, mon frère avait vraiment des problèmes avec l'histoire, et comme à cette époque, l'histoire c'était important, on voulait le faire redoubler ou le faire changer d'orientation. Finalement, il a choisi, comme il aimait déjà l'électronique, d'aller en quatrième technique électronique dans un autre lycée. Arrivé en Terminale, il a dû redoubler sa Terminale ou quelque chose comme cela (peut-être aussi qu'il a fait un deuxième bac) et il a été en E en croyant que E voulait dire electronique. Dans cette classe où il avait 48 heures de cours par semaine, il a dû faire beaucoup de mécanique. Un prof de mécanique venait tous les dimanches lui donner des cours de mécanique et il se demandait pourquoi il n'avait l'électronique qu'en option. Les maths étaient aussi devenuez difficiles d'un seul coup et il a eu son bac.... E, l'actuelle SI, la section la plus difficile des baccalauréat qui est en fait la section S option industrie.
domino
11:50 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bac, langues, calsse
lundi, 27 octobre 2008
10; 20; 30; 40; 50; 60; 70; 80; 90; 100;
Je fais cette rétrospective des décennies de ma vie, en me basant sur le même article du blog Haut et Fort Elisabeth Leroy "Mes passions".
0 : Je viens de naître dans une grande ville industrielle. Au milieu d'une énorme métropole. Le jour de ma naissance, en Mai, il y avait la canicule. J'habite dans une rue où toutes les maisons se touchent et sont pareilles. Je suis enfant prodige, je sais lire à 2 ans, écrire à 3 ans... je fais du solfège et je connais mes notes à 5 ans. Jusqu'à l'âge de 10 ans, je veux être institutrice comme ma maîtresse. Je suis en admiration devant l'institutrice du CM1-CM2, Mademoiselle Michèle (c'est son prénom).
10 : J'ai 10 ans juste avant d'entrer en sixième. Avant d'entrer en sixième, je veux être institutrice toujours, en sixième, je ne fais pas encore d'allemand, je fais du latin et de l'anglais, je veux être prof de latin (je déchanterai ensuite!) ou de maths, où je suis bonne aussi et où je resterai toujours bonne. Je commence à réunir toutes les petites voisines et petits voisins en été, dans le jardin de la nouvelle maison, pour leur faire la classe (une vocation précoce!). Ma petite soeur est mon élève la plus difficile, bien que douée aussi. Quand j'ai dix ans, elle a 2 ans. Mon frère a 13 ans, cela fait déjà plusieurs années qu'il voulait être électricien (il démontait des postes de radio et les remontait bien à l'âge de 6 ans...), maintenant il veut être électronicien. Sa chambre qui est la plus grande de la maison déborde de matériel électronique; Je me demande où il fait ses devoir, il a une grande table, recouverte de tout ce qu'il construit.
20 : Je suis étudiante en allemand. Après avoir eu mon bac à 17 ans avec la mention AB (on aurait pu espérer mieux, mais cette année là, je dessinais pur toutes la clase, essentiellement des danseuses, et je commence la guitare en auto-didacte, ce qui est facilité par les trois années de solfège que j'ai faites pendant mon enfance), j'ai redoublé ma première année. C'est normal, j'ai une excuse, j'étais seconde langue en classe. On fête mes 20 ans en Mai. Je chante à la guitare ce jour-là pour tous mes cousins et cousines très nombreux du côté de ma mère, mes amis et les amis de mes amis, il y a même un copain de l'école maternelle qui est devenu guitariste professionnel. Tout le monde est enthousisamé. Bien que je suis enrhumée et que je tousse depuis Mars, les copains de mon frère disent qu'ils n'ont jamais entendu une voix comme çà. Je n'ai jamais pris de cours de chant alors, ma seule prof de chant était Joan Baez, que je ne connaissais pas personnellement, mais j'écoutais ses disques à longueur de journée. Je fais de la guitare au conservatoire local, succursale du conservatoire de Paris, est-il écrit sur les diplômes de ce qui deviendra une ENM où je suis entrée directement en Elémentaire, après avoir passé un concours d'entrée où l'on ne prenait que 2 candidats sur 20 (avant j'avais appris toute seule). Mon père n'avait pas voulu me donner le complément financier pour m'acheter la guitare que le prof préconisait, j'a dû en acheter une moins chère. Mais à 20 ans, j'abandonne le conservatoire pour faire ma licence sérieusement. Bizzarement c'est pendant les deux années où je faisais le conservatoire que j'ai eu tous mes examens à la session de juin. Pour la licence, à 21 ans, (3ème année de licence actuelle) j'ai dû repasser deux oraux en septembre, que j'ai réussi, alors que j'avais dû remplacer ma mère qui était malade durant tout l'été.
A la fête de mes 20 ans, mon futur mari, et mari actuel, un copain d'université est déjà là. Il a confectionné des gâteaux chez ma mère. Des gâteaux allemands. C'est un secret de polichinel que c'est mon copain, mais... pas officiellement, parce que mon père et ma mère ne doivent rien savoir, mon père veux que je finisse d'abord mes études, alors on ne lui dit rien, pour qu'il ne se mette pas en colère.
30 : Je suis prof d'allemand depuis l'âge de 22 ans. Et mon père vient de mourir d'un cancer généralisé. Quant à ma mère, elle s'est complètement remise des ennuis d'estomac qu'elle avait eu lorsque j'avais 20 ans, et qui avaient géné ma dernière année d'"étudiante libre", c'est à dire non salariée, mon premier passage du CAPES et la maîtrise dont je n'avais obtenu que le C2, avec mention Bien quand même. (J'ai rattrapé la maîtrise tardivement). Mon avenir alors? Prof d'allemand, les pays allemands, faire tous les tours de pays d'Allemagne possibles (à pied) et la musique qui entre de nouveau de plein pied dans ma vie; je viens de faire gratuitement (sans être payée), avec une copine collègue, les deux seuls concerts d'ACI de ma vie jusqu'ici, dans un cercle de poètes, on a traité mon oeuvre instrumentale pour guitare "Soleil et Brume" de Debussy.
J'improvise déjà beaucoup, je suis allée à 4 stages d'épinette des Vosges et je joue bien et j'improvise aussi. Je joue de le flûte à bec. J'ai pris des cours de chant dans une école de musique, mais on dirait que ma voix n'est plus aussi belle qu'à 20 ans (elle est revenue depuis!). Je vais souvent en Allemagne, dans la famille de mon mari , chez des amis en RDA, que nous avons rencontré à un cours d'été.
Et camper et randonner en Autriche. Et en Italie du Nord (Südtirol). C'etait à cause de prospectus touristiques, en juillet 1980 j'avais trié l'appartement, et j'avais sorti trois prospectus qui montraient des endroits que je voulais voir : la trilogie Jungfrau, Mönch, Eiger, dans le Berner Oberland, les Drei Zinnen ou Tre Cime di Laverado, dans les Dolomites, ce sont des montagnes dont on ne peut pas contempler la trilogie à partir d'une voiture, alors avec un permis vieux de 2 ans (j'étais plus téméraire que maintenant), on part à la conquête des hautes montagnes d'Europe centrale. Et on installe notre tente sur les campings à proximité de ces montagnes, montant à pied sur les plateaux qui nous permettent de les voir. Le troisième endroit ce sont les lacs de Carinthie que je veux revoir (on y était déjà allés l'année de notre mariage), et on choisit le plus calme le Weissensee, en obtenant la deuxième année, l'année de mes 30 ans, juste après la mort de mon père, l'épingle d'or de randonnée (goldene Wandernadel). On a accumulé les petites épingles de randonnée comme cela pendant cinq-six ans, la plus importante étant la Silberne Wandernadel du tout de Sarre qu'on a fait à plus des deux tiers. Je suis germanistes jusqu'au bout des ongles, j'aime les forêts sarroise en hiver, et rentrer dans des Hütten pour manger et boire quelque chose de chaud. Et en été des verres de lait sur les alpages autrichiens, ces fameuses Almen, la mélancolie des paysages du Sud de la Carinthie. La mélancolie des Jodler de la chorale locale qui regroupe un habitant sur dix.
A part la musique, je ne vois pas d'autre avenir que prof d'allemand. A oui, j'ai mon CAPES depuis 5 ans, après 3 ans d'enseignement privé où j'avais des élèves de la trosième à la terminale, je suis passée dans le public à l'obtention de mon CAPES, je travaille en collège où j'organise les échanges avec une Realschule allemande, selon les années, j'emmène de 15 à 30 élèves en Allemagne; à ma deuxième rentrée dans ce collège en 1978-79, j'ai 48 élèves d'allemand en sixième sur 2 classes. J'enseigne avec Martin et Zehnacker en 6ème, la leçon avec l'horloge qui sonne, qu'est-ce que ça leur plaît, des films fixes et des grosses bandes magnétiques et je passe mes récratations à les placer au bon endroit, je fais participer mes élèves aux fâtes scolaires où ils chantent en allemand et dansent Liebe Schwester, tanz mit mir et jouent à la flûte des airs folklorques allemands. En quatrième et troisième LV2, j'ai Holderith avec Rolf et Gisela, un prof d'allemand du jumelage, ne veut pas croire que mes quatrièmes n'ont que 6 mois d'allemand, tant ils font de bonnes Nacherzählungen orales.
40 : Je suis toujours prof d'allemand, en 90-91, je suis revenue en lycée. Cela me plaît bien, j'ai le sentiment d'avoir des relations plus profondes avec les élèves, de moins rester dans la superficialité, certains sont restés des amis. Je les retrouve sur des espaces où l'on peut retrouver ses copains de classe et ses élèves, et ses anciens collègues. Mais certains élèves de collège que j'ai eu à la fin des années 80 viennent me retrouver aussi. Physiquement je grossis, je suis moins sportive, je fais davantage de muisque. En été, les randonnées seront remplacées au milieu des années 90 par les stages de guitare, et aussi de chant. Un nouveau prof de chant sauve ma voix à partir du milieu des années 90. Mais elle redevient plus belle depuis que je ne fais plus de classique. Années 90. Je participe à des petits concours internationaus de niveau moyen et DFE. J'ai beaucoup de joies avec la musique, avec mes élèves de lycée aussi.
50 : A 50 ans, ma carrière de prof d'allemand monte, je suis devnue "pilier de lycée", bien que le proviseur que j'ai depuis 9 ans ne reconnaîisse pas mes qualités et me dénigre constamment. Je suis membre de jury de bac et de BTS, membre des commissions de choix de sujet et j'épaule le responsable de la cimmission qui couvre trois académies. J'ai fait partie des groupes de PAF recherche-action. J'aime la recherche pédagogique. Musicalement, j'ai cosntruit mes deux guitares baroques et romantiques, dans le stage que je fréquente en tant que guitariste depuis 1994. Je chante en alto les musiques sacrées de Vivaldi et Pergolèse. J'adore surtout chanter Vivaldi, et Bach..
Je ne le sais pas encore, mais c'est à 51 ans, que je rencontrerai l'inspecteur d'allemand qui va changer le cours de ma carrière. Pas en bien... Il veut que j'abandonne l'allemand, me dit "qu'il ne me confierais jamais ses enfants", " que j'ai fait une faute de débutante", une faute pédagogique
[j'avais fait entendre d'abord la cassette audio sans texte, sur un texte littéraire, ce que je ne faisais jamais d'habitude, je donnais toujours le texte en même temps, mais un collègue m'avait dit qu'en cas d'inspection il fallait passer la cassette et dire "Was habt hir verstanden?", alors que d'habitude, je faisais faire de nombreux repérages sur des textes , en fait, j'avais changé mes habitudes et les habitudes des élèves le jour de l'inspection, alors que ce que je faisais d'habitude était ce qu'il fallait faire ; ceci dit, j'avais pris un texte de première en terminale STT pour que l'on ne me dise pas que le texte soit trop difficile, et j'ai sorti de cette classe non littéraire un germaniste qui a réussi depuis sa première année de Master, après être passé par un BTS],
que... injure suprême "mes élèves ne m'aiment pas". J'en éprouve un chagrin fou, fou, fou. Pour la première fois de ma vie, je veux en finir avec la vie, mais je ne passe pas à l'acte. Je suis heureusement inscrite à la formation académique d'agrégation interne et j'otbiens ma première admissiblité (des deux que j'ai eu jusqu'ici). Avec cette inspection, c'est toute ma vie qui s'écroulait, non seulement ma vie professionnelle, masi mon mari et moi, on a commencé à se disputer à partir de cette inspection; lui, avait eu une bonne inspection l'année précédente, c'était moi qui avait préparé son cours.... Il se considère maintennat comme supérieur à moi, me donne constamment des ordres, devient ronchonneux. Il change du tout au tout son attitude vis à vis de moi.
Dégoûtée, je demande ma mutation en mettant dans ma liste de voeu, la zone de remplacement locale, et en tant que titulaire remplaçante, je suis déconsidérée, considérée partout comme une débutante (je parais plus jeune que mon âge), je ne vais plus dans les stages de musique, ne sachant jamais, si demain, j'aurais assez d'argent (ça coûte aussi). Ne connaissant pas mon avenir financier, on ne part plus en vacances. Je suis constamment azimutée par l'agrégation qu'il faut que j'obtienne pour rester prof d'allemand. On me donne des remplacements comme CPE que je refuse, des remplacements en documentation, que j'accepte malgré moi, parce que je suis obligée, si je ne veux pas avoir des blâmes et un tas d'autres choses désagréables.
Heureusement qu'il y a les blogs et Internet où je fas tout doucement mon chemin comme écrivain amateur, photographe amateur (un vrirus de famille, mon grand-père maternel était photographe, et ma mère a travaillé dans la photographie dans les années 30-40). Musicienne amateur. Et je fais tout doucement mon chemin sur Internet, ce qui me permet peut-être de rester à flots.
Mon avenir?
60 :A 60 ans, je ne serais pas encore en retraite, du moins je l'espère. Car comme je l'ai déjà écrit, si je prends ma retraite à 65 ans, dans mon grade actuel, j'aurais 700 Euros de plus par mois que si je la prends à 60 ans. J'espère que j'aurai l'agrégation. Je serais peut-être connue comme musicienne sur Internet. Peut-être comme écrivain et comme photographe. Peut-être comme poète.
Je serais peut-être encore professeur d'allemand, et je compterai le rester jusqu'à 65 ans, comme cela je n'aurai rien à envier à mon mari, qui bien que travaillant dans deux établissements est toujours prof d'allemand.
70 : Cela fera cinq ans que je serai en retraite; comme Elisabeth, je serai une star du web, s'il existe encore; on me connaîtra comme guitariste, comme compositeur, comme chanteuse, si je garde ma voix jusque là, mais sans forcer et sans trop de rhumes ça devrait aller.. comme écrivain, comme poète... (l'un des rêves de mon adolescence, mais ce n'est pas dans les dizaine en 0, masi dans les dizaines en 5), je- ferai de nouvau du sport, de la natation, de l'aquia-g seym, je guérirai mes jambes pour faire de la randonnée, je ferai un poids normal, je visiterai beaucoup d'endroits, je voudrais aller sur d'autres continents, masi j'ai peur de prendre l'avion; mais je peux aller en Afrique en bâteau en passant par l'Espagne en voiture, et en Asie en bâteau en traversant la Méditerrannée orientale. Peut-être que d'ici là tous ces pays seront en paix. Je prendrai le Transibériien, je ferai la Panaméricaine, la route 66, la route de la Soie, tous mes rêves de toujours... et le chemin de Compostelle dont j'ai déjà fait trois étapes. J'irai voir le Grand Coullee Dam et le Dust Bowl de Woody Guthrie et la Californie. J'irai m'asseoir au bord du Golfe du Mexique chanter Gulf Winds, et au bord du Pacifique regarder l'Eurasie de loin. Je visiterai les montagnes de Nouvelle 2élande et le bush australien.
80 : Comme j'aurai rajeuni mon corps par rapport à maintenant, je continuerai mes voyages, et ma musique, à écrire... je serai toujours une star du web, je visitrai encore la France, la Belgique, l'Allemagne à fond et je verrai encore toutes les places célèbres des pays europées, je ferai encore de petites randonnées... Je ferai beaucoup travailler ma mémoire pour ne pas devenir gaga comme ma mère. Je ferai des Sudoku et des mots fléchées et des jeux d'adresse sur Internet, comme Segovia qui a joué de la guitare jusqu'à plus de 90 ans et faisait encore des concerts et des tournées à plus de 90 ans, je ferai de la guitare. J'essaierai de garder ma voix jeune le plus longtemps possible pour qu'elle ne chevrotte pas (j'ai connu dans des chorales des dames qui chantaient bien jusqu'à 85 ans).
90, 100 et plus... : Ce sera l'âge de la Sagesse, je complèterai mes mémoires que j'aurai déjà commencées, j'écrirai des pensée, et aussi comme Berlioz qui composait ses symphonies sur la guitare, des symphonies et des concertos, plein de poèmes, je marcherai encore pour entretenir ma santé. Je n'irai pas en maison de retraite où l'on transforme les vieux en zombie...
Je me prévois un grand avenir....
domino
La même chose chez Elisabeth... C'est une chaîne, prenez l'idée et rédigez votre propre texte 10, 20 .... 100.
12:06 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : mémoires, passé, avenir
mardi, 08 juillet 2008
Le vent et la pluie....
Commentaire que j'ai fait en dessous d'un poème d'Elisabeth :
C'est vrai qu'en ce moment il y a ici aussi le vent d'Ouest depuis plusieurs jours. Comme chez toi et à 1000 kilomètres, il vient de l'Atlantique, enfin, chez nous plutôt de la Manche; il doit y avoir de grosses vagues à la mer, il fait froid, nous sommes enrhumés parce qu'on attrappe des chauds et froids. ça fait drôle d'avoir la crève en été. Ma dernière crève d'été, c'était un rhume socialiste en RDA en 1975. Nos amis allemands rigolaient en disant que c'était le rhume socialiste! Avec ce vent là, il ne fait pas beau! Des alternances de nuages gris et blancs avec quelques rayons de soleil qui percent dans des coins de ciel bleu!
Ecrit par : domino_ | mardi, 08 juillet 2008
C'est vrai qu'en plus on n'a pas les petits pixies pour nous dire le temps qu'il fait! Quand reviendront-ils?
Lien sur la note d'Elisabeth : Ckic, clic.
Comme cela je fais de la publicité pour son blog, mais n'oubliez pas de revenir ici après!
19:10 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vent, vent d'ouest, météo, poèmes, poésie
jeudi, 08 mai 2008
Mon printemps 68
Voici un commentaire que j'ai fait sur le blog d'Elisabeth :
Un point commun avec ta soeur :
Je passais mon bac cette année là. Mais pour nous les grèves étaient loin, école privée, on a été en classe jusque début juin, puis j'ai préparé le bac tout le reste du mois avec la radio qui ne diffusait plus que de la musique sans interventions de speaker entre deux. Pendant un mois, j'ai relu tout mon programme de philo, toutes les oeuvres au programme, puis je suis passée le 3 juillet, à la fin des épreuves une examinatrice est passée et m'a dit : "Ne vous en faites pas, on a fait les comptes, vous avez mention assez-bien. J'ai gardé le secret jusqu'aux resultats alors que mes parents s'inquiétaient. Puis quand ma mère est arrivée avec le journal dans ma chanbre en criant "T'as une mention!" Je lui ai dit : "Mais je le savais déjà!" "Tu le savais, et tu nous as rien dit???"
Deuxième point commun ,avec toi :
Je voulais aussi me laisser pousser les cheveux très longs. Ma mère n'aimait pas (Maintenant, elle dit le contraire!). Ils m'arrivaient environ sur les épaules car je les laissais pousser depuis un an. Mais mes cheveux étaient châtains et ils frisaient au bout et je les aurais voulu blonds et lisses comme ceux de ma soeur. Maintenant, je trouve que les cheveux châtains ondulés, c'est plus beau. Mais ils ne sont jamais arrivés jusqu'à ma taille, parce que ma mère voulait toujours que je les coupe pour les égaliser.
Ecrit par : domino_ | jeudi, 08 mai 2008
21:50 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, le bac 68, mémoires
vendredi, 06 juillet 2007
Les souvenirs...
Quand on regarde les vieilles photos de l'enfance ou que l'on pense à cette période de notre vie, on voit cette époque de très loin comme un film, comme quelque chose que nous fûmes, mais qui nous est pratiquement déjà étranger. Ceux qui sont partis depuis longtemps, sont déjà dans la nuit du temps, dans des contrées enveloppées de brume. On les aime encore, on les admire, on les taquine encore de notre pensée, si enfant, nous nous apecevions de leurs travers.
Quand je regarde mes i-grimoires, mes écrits, mes images électroniques d'il y a un an ou plus, j'ai l'impression de mélancolie d'une époque encore présente à l'esprit, alors que des paysages bleutés, rosés, que des monuments désuets, que les siècles passés et l'infinie tristesse des verts bleutés hivernaux s'envolaient sur la toile à l'assaut du monde, alors que plus rien ne retenait les mots et les formes de tourner dans le monde envahissant la planète de l'infinie tristesse de ces lieux... de l'immense nostalgie des couleurs pastelles et grisées de nos alentours...
... de ces lieux qui tel mon jardin dans les soirées d'été, à la nuit tombante, respire la beauté et l'ineffable douceur des brises claires et fraîches, quand le mystère de la lumière qui disparaît vers le levant et s'adoucit vers le couchant, quand le secret des herbes hautes, des buissons fleuris et sauvages empêchent que l'on en atteigne sans crainte le fond, sans crainte de ce qui s'embusque dans les herbes et les haies, comme si nous étions aux premiers jours du monde des êtres sans défense et sans armes.
La brise fraîche fait frissoner, le mystère vespéral qui s'empare de la végétation, quelque cris d'oiseaux qui s'attardent dans le ciel, le rossignol qui commence sa douce chanson, le cri strident et effrayant de la chouette-effraie, tout cela nous emporte dans le commencement du monde, dans ses peurs de contrées immenses que l'homme entamait pour la première fois de son pas, dans le matin de la vie sur terre...
Nous sentons, quand les étoiles commencent à percer la voûte céleste qui devient comme le bleu des habits des marins, le vaisseau Terre nous emporter dans l'univers où nous sommes de minuscules corpuscules, d'infimes particules peut-être englobées dans un autre corps ou flottant dans un univers sans fin...
domino
23:40 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prose poétique, poèmes en prose, poèmes, poème
jeudi, 17 mai 2007
Journée électrique...
Réponse que j'ai faite à un commentaire d'Elisabeth quelque part sur un i-grimoire :
"Tu as raison d'avoir peur de l'orage, j'ai déjà failli me faire avoir par un éclair. Tu vas rire. Mon mari et moi, on l'a échappé belle. On était assis à la terrasse d'un café-restaurant dans VILLE OU NOUS TRAVAILLONS ACTUELLEMENT. A une table qui était recouverte de verre. Juste au bord de l'auvent. Il faisait beau quand soudain il se mit à pleuvoir quelque goutte d'un nuage qui arrivait. On avança nos chaises et la table un peu plus vers l'intérieur de l'auvent pour ne pas que notre tasse soit arrosée. Mais la pluie augmentait et on se mit à entendre des petits roulements de tambour, on décida de rentrer dans le restaurant où déjà beaucoup de monde s'était réfugié. J'étais le dos tourné à la fenêtre lorsque soudain on entendit comme une explosion derrière nous. L'orage était tombé sur le dessus de la table en verre où mon époux et moi nous étions assis juste auparavant, et venait de projeter la table sur la vitrine du restaurant. Heureusement rien ne s'était cassé, mais tout le monde a sursauté. Le patron qui est un ancien élève de mon mari a été voir dehors ce qui se passait et a dit : "Ouh! Il est tombé pas loin!". Sur ce mon époux a répliqué, se voulant rassurant "C'était un coup de vent!". Mais même s'il y avait effectivement du vent, personne ne l'a cru.
Une heure avant, je n'avais pas d'ordinateur à cette époque...
Ouh là là ! Le temps se couvre... Quand on parle du loup... S'il se rapproche de trop il va falloir que je débranche, ça tonne un peu dans le lointain, il fait tout gris devant la maison et moins derrière. Je ne tiens pas à recevoir encore un coup de jus. On dirait qu'il y a eu un éclair...
Bref, il y avait (je me dépêche de finir le com) une nouvelle climatisation au Cyber-Centre, elle s'est mise à fuir sur les ordinateurs (elle avait été monté le matin). Ceux qui étaient juste en dessous ont changé de place et j'ai appelé la responsable du Cyber-Centre (ce sont des filles informaticiennes), à qui j'ai dit : "On dirait qu'il pleut au travers du plafond". Toutes les deux, on a regardé dehors et on s'est dit, "Mais... Le ciel est bleu.." Puis elle s'est exclamée mais c'est la clim." La clim avait été montée le matin. Elle a essuyé les ordinateurs et j'ai pu rester au mien. Mais il y avait eu avant un peu d'électricité statique.
Le matin dans la salle de bain, j'avais reçu un coup de jus de l'armoire de toilette. J'ai mis depuis des cache-prises sur les prises de la salle de bain. C'est vrai que cette armoire donne de l'électricité statique en période orageuse.
Ce fut une journée (je crois en juillet il y a deux ans) pour le moins électrique(La loi des séries) !
Entretemps, l'orage qui était mélangé avec le bruit des gens qui rentraient leurs poubelles, est parti. En fait, on entendait les deux, et le ciel s'est éclairci.
domino
Tiens, je vais mettre ce com en note sur la journaliste pour avoir un article un peu rigolo."
16:05 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : météo, mémoires
lundi, 30 avril 2007
Tournedent
Je venais d'avoir 16 ans et je mordais la vie à pleines dents, c'était le début de l'été. J'étais en première, à la fin de l'année scolaire. On avait fait une sortie scolaire de classe le jeudi avant la sortie. Pas grand-chose. Juste une petite ballade jusqu'à un parc animalier avec des animaux sauvages en liberté, des sangliers, des biches. Je me souviens encore avoir vu quelques sangliers et marcassins courir parallèlement au chemin. Avoir vu des biches en liberté, en avoir caressée une. Et je me souviens aussi que ce jour là j'avais un pique-nique dans mon sac. Je ne sais plus si la pomme était dans mon sac, ou si on me la offerte. J'ai croqué dedans avec délectation. Je sentais le jus sortir de la pomme et humidifier ma langue en coulant sur mes dents. J'ai le souvenir de cette pomme, comme la dernière pomme que j'ai croquée à pleines dents.
La sortie de classe s'était bien passée. Les parents ont toujours peur pour les sorties de classe, ils n'ont jamais peur pour les sorties familiales, car quand on sort avec ses parents, on est forcément en sécurité, ou bien ?
C'était en 1967. A la fin de l'année scolaire.... Maintenant les vacances étaient arrivées. C'était le premier samedi des vacances. On cherchait des meubles pour ma chambre, parce que ma correspondante allemande allait venir à la fin du mois de juillet, et ma chambre que j'allais prêter à ma correspondante en dormant moi-même sur un lit de camp n'était pas "présentable". Mes parents faisaient tous les magasins de meubles de la région, pour trouver des meubles beaux, de bonne qualité, mais pas trop chers. Mon père avait vu une publicité pour un magasin qui était à la campagne dans le Pas-de-Calais, En plus, juste à coté il y avait une belle forêt, la forêt de Tournehem. On irait voir les meubles et on irait dans la forêt, jolie journée en perspective. On regarda les meubles mais on ne trouva rien qui fut à la fois de mon goût (j'étais très moderne à l'époque) et de la qualité que souhaitait mon père.
On sortit, il y avait juste à coté de cette espèce de grande surface où étaient exposés les meubles, un terrain de jeux pour enfants et plus grands. Ma mère joua un moment avec ma petite soeur sur les jeux pour enfants, tandis que je me tournais vers une balançoire plus grande. La balançoire était une longue planche en bois à laquelle était accrochée à chaque bout deux cordes. Il n'y avait rien pour se tenir.
A l'entrée du terrain il y avait une pancante : "Nous déclinons toute responsabilité en cas d'accident".
Au début, j'étais seule sur la balançoire, je me balançais doucement. Bien que sportive à l'époque (j'avais ma ceinture verte ou blleue - je ne me souviens plus exactement de la date à laquelle j'ai eu ma ceinture bleue - de judo, je faisais aussi de la natation, et j'avais eu 17/20 à des enchaînements de gymnastique au lycée), je n'étais pas téméraire. C'est pourquoi me rendant bien compte que cette balançoire ne pouvait pas aller vite sans que l'on s'envole vers l'avant, je me balançais doucement, heureuse, dans le vent, qui devait être une légère brise.
Tout à coup mes parents arrivèrent et dirent : "Bon, il y a un chemin là-bas derrière, on va se promener. Tu viens avec nous ?" Ils insistèrent. je refusais. En pleine "crise d'adolescence", je détestais cette promenade "du dimanche" (bien que l'on devait être samedi puisque le magasin de meubles était ouvert). Je détestais ces promenades du dimanche et des vacances, qui ressemblent à la peinture que l'on voit sur un tableau, de Conrad Ferdinand Meyer, je crois, intitulé "La promenade du dimanche" Mes parents par contre adoraient cette promenade pendant laquelle, ils montraient leurs "trois beaux et gentils enfants", qui étudiaient si bien en classe.
Ma mère m'avait bien dit "Mais si, viens avec nous, tu verras, c'est beau là-bas". Mais je préfèrais rester à me balancer doucement sur cette balançoire où j'étais seule, laissant mes pensées planer vers de romantiques rêves marins. Ma mère me dit "Nous te laissons là, mais sois bien sage, fais attention aux garçons!" Elle ne pensait pas en disant cela que j'aurais du faire attention aux garçons d'une façon toute autre que celle à laquelle ils avaient pensé.
Mes parents avaient à peine disparu de la scène avec mon frère et ma soeur, que deux gamins d'environ 13, 14 ans, vigoureux, montèrent chacun à un bout de la balançoire et debout entre les cordages, la firent partir à toute volée, sans demander avant si je voulais descendre. Je sentis tout de suite une pression s'exercer sur mes bras que je mis devant moi pour ne pas partir en avant, et je me tenais comme je pouvais les deux mains tenant la planche de chaque coté, mes bras pliés sous la vigueur des envolées de balançoire. Je me disais que mes muscles allaient resister, mais j'étais quand même, tout à l'envers d'aujourd'hui, assez frêle. Je criais aux garçons d'arrêter, mais tout à leur jeu, ils ne m'entendaient pas, et soudain mes bras lachèrent prise, et ma tête partit en avant à la rencontre de la planche en bois. J'entendis un sinistre craquement du coté de mon nez. Mais je n'avais pas mal. Je restais un moment recroquevillée sur la planche de la balançoire, car les deux gamins ne s'étaient malgré ma demande réitérée d'arrêtre la balançoire, rendu compte de rien.
Je ne sais plus s'ils ont fait balancer la balançoire à toute volée jusqu'à ce que mes parents reviennent, ils ont continué ainsi pendant un moment, jusqu'à ce qu'ils quittent brusquement la balançoire pour aller jouer plus loin. Alors j'ai pu me relever et alors j'ai vu sur la planche un morceau de quelque chose de blanc, que je ramassais, c'était ce que j'avais entendu craquer, un morceau de mon incisive, juste sur le devant. Je descendis de la balançoire. Je ne me souviens plus si ma mère était déjà là, ou si elle est revenue un peu plus tard, en tout cas, ils revenaient de leur promenade, puisque personne ne les avait appelés.
Je me souviens m'être fait copieusement grondée : "Ah! Si tu nous avait écouté ! Si tu étais venue te promener avec nous, cela ne serait pas arrivé !"
Et c'est alors que je me rendis compte, au moment où je remontais dans la voiture, mon bout de dent dans le creux de la main, demandant si on pourrait la recoller, que j'avais perdu mon beau sourire, que tout le monde vantait, et je me mis à pleurer en disant "Mais, je ne trouverai plus jamais de garçon qui voudra de moi pour se marier... " (Ce qui ne s'est pas vérifié, car j'eus avant d'épouser celui qui est toujours mon époux, beaucoup de prétendants). "Et ma correspondante allemande que je ne connais pas encore, que va-t-elle penser de moi?" C'est pourquoi, on me fit rapidement une dent à pivot, qui s'infecta dix ans plus tard, alors que j'étais déjà mariée et professeur, juste après ma réussite au stage de CAPES, et que l'on remplaça (tous frais à ma charge, ou presque, j'ai du payer deux mille francs* de ma poche, mon premier salaire mensuel de certifiée ayant été un peu plus de deux mille francs, le reste ayant été remboursé par la sécurité sociale et la MGEN), par un bridge, abîmant pour le poser deux autres dents de devant qui étaient saines, ce qui fut, je crois, encore plus pénible.
Financièrement parlant, mon père n'avait jamais demandé de dommages et intérêts au marchand de meubles qui était propriétaire du terrain à cause du panneau placé à l'entrée.
Et c'est depuis cette époque, il y a presque 40 ans, qu'il n'a plus fallu me parler, ni du village de Tournehem, ni de sa forêt. Ce village (je ne sais pas si c'est une ville, pour moi, dans mes souvenirs, car je ne suis plus jamais allée là-bas, c'est un village), ce village s'apella pour moi, Tournedent.
Le souvenir m'en est revenu aujourd'hui, en lisant sur les nouvelles qui étaient sur la page d'accueil de mon mail, qu'il y avait eu un nouvel accident à Tournehem, avec un manège, et 25 blessés, mes compagnons d'infortune. Je venais juste d'en parler il y a peu de temps, en disant à quelqu'un que j'avais surnommé ce village Tournedent. Un village que j'ai depuis toujours soigneusement évité sur la route de la mer, parce que j'ai pensé qu'il me portait malheur.
Aujourd'hui, quand je passe la langue sur l'arrière de mon bridge, qui est plus épais que ne l'étaient mes dents originales, je repense parfois à cet accident, mais je n'ai jamais pensé que comme disaient mes parents le bon Dieu aurait puni ma désobéissance.
domino
* Ce n'étaient pas des euros, heureusement.
12:20 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : mémoires, actualité
vendredi, 27 avril 2007
Mémoires....
Je pensais tout à l'heure en voyant qu'on est (encore pour moins d'une heure) le 27 avril, qu'il y a bien plus de quarante années..... je faisais ce jour-là ma communion. Dite solennelle. Ou profession de foi. Cela avait été une date si importante durant ma classe de cinquième que j'ai quasiment oublié tous les professeurs que j'ai eu durant cette année scolaire là, alors que j'ai gardé un souvenir très net de mes autres années scolaires du secondaire. Heureusement que je ne faisais pas ma communion en juin comme beaucoup.
Et justement Elisabeth parlait de colos dans son blog. Alors dans le commentaire, j'ai raconté la première fois que j'ai quitté pour quelques jours mes parents :
"Mes parents n'ont jamais voulu qu'on aille en colo. Moi, j'aurais bien voulu. Une année l'institutrice avait insisté pour que j'aille à la colo qu'organisait l'école. Elle disait "ça la dégourdira". J'aimais bien mon institutrice qui était jeune et j'aurais bien aimé aller à la colo avec elle. Ma mère a quand même plaidé ma cause auprès de mon père. Mais mon père n'a pas voulu. La première fois que j'ai quitté mes parents, c'était à presque douze ans pour la retraite de communion. Qui durait trois jours. J'avais une chambre toute seule dans une vénérable institution. Tout était en bois et ciré. J'étais obligée de faire la retraite pour faire ma communion, et comme mon père voulait que je fasse ma communion, il n'a pas pu dire non. J'ai fait ma communion un 27 avril (c'est l'anniversaire aujourd'hui). A cette époque, il faisait chaud au mois d'Avril, dehors, mais dans ces locaux il faisait froid."
Lien sur l'article commenté :
http://boulevarddesresistants.hautetfort.com/archive/2007...
Ceci dit, mon mari, futur à l'époque, a été mono.
domino
23:25 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mémoires
mercredi, 25 avril 2007
Le monde a changé...
J'ai l'habitude de recopier ici mes commentaires interessants (pour moi) :
Après avoir vu sur un blog connexe, une vidéo des Beatles en sachant qu'à cete époque les vidéos n'existaient pas, je me suis fait les reflexions suivantes (actuellement sur le blog de Max) :
(...) Les Beatles ont été les pionniers des clips vidéos semblerait-il, bien que la vidéo n'existait pas, c'est pourquoi les chanteurs faisaient des films, sinon on les voyait à la télé. Mais rien que par leurs films (Yellow Submarine par exemple) ils ont été des précurseurs des clips vidéos, Pink Floyd (dont on ne parle plus guère, mais c'était un super groupe, qui faisait une musique envoutante), a fait fort dans le genre aussi avec The Wall. (...)
(...)
Toi, tu es jeune, et tu as presque toujours connu les ordinateurs, Internet, la vidéo et tout, mais imagine un peu que lorsque j'étais petite la télé et le téléphone n'en étaient qu'à leurs balbutiements. J'ai vu pour la première fois une télé en noir et blanc quand j'avai 5 ans chez mes grands-parents marternels. On n'a eu le téléphone qu'au début des années 70 chez mes parents. C'est à cette époque qu'il a commencé à se généraliser. Avant il n'y avait peut-être qu'un foyer sur 20 qui avait un téléphone, et ensuite avec mon époux on n'a pas eu de téléphone jusqu'au début des années 80. Quand j'étais étudiante il n'y avait dans l'université littéraire qu'un seul ordinateur qui occupait une pièce entière et marchait avec des cartes perforées. Comme on avait des profs de linguistique hyper-évolués, il fallait passer les examens de licence en linguitique en perforant la bonne réponse sur des cartes perforées (comme au permis de conduire quelques années plus tard). J'ai entendu à nouveau parler d'ordinateurs à la fin des années 80. Ils avaient des écrans écrits en vert sur blanc uniquement et des virus qui faisaient tomber une colonne de lettres à la fois. Vers 1992, j'ai vu arriver l'informatique dans le lycée où je travaillais. J'ai pris des cours organisés dans le lycée. Traitement de texte sur Windows 3.1 sous DOS 6. C'était hyper moderne ! Puis Internet est arrivé quelques années plus tard. Je me souviens de la documentaliste du lycée qui découvrait Internet en même temps que nous. C'était extrèmement lent, les sites mettaient jusqu'à une minute pour s'afficher ! On se servait du minitel depuis quelques années, lettres blanches sur fond gris foncé, beurk ! A coté de tout ce qu'il y a maintenant sur nos ordis, les mômes qui arrivent maintenant en 6ème, ils sont vraiment vernis. Ils ont toutes les informations qu'ils veulent à portée de doigts.
Quand je pense à ma scolarité : des livres, des livres, des livres, de temps en temps un émission de télé en noir et blanc, et parfois un disque passé sur un vieux tourne-disque qui craquait pour nous faire entendre la voix d'une poète ou d'un acteur, et des séances de diapositives en géographie... Des Beatles aux clips en tout genre que l'on peut regarder gratuitement (mis à part les frais de connexion sur Internet), que le monde a changé !
Et je dois ajouter : Pourtant dans une famille où on avait (et on a toujours) un frère électronicien qui dans les années 80 travaillait sur les communications par satellite et qui dans les années 90 m'éxpliquait les telécommunications par fibre optique on était à la pointe du progrès, du moins pour l'information, même si le matériel ne suivait pas toujours.
domino
22:05 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : société, mémoires, musique, télécommunications, communication
vendredi, 16 mars 2007
Mon livre d'allemand de Terminales
Mon livre d'allemand de Terminale était le Chassard et Weil LV2 à couverture bleue. Dans ce livre, il y avait un texte "Etes vous pour ou contre l'Euthanasie?"
Il est évident qu'après avoir lu ce texte, pour nous les enfants fleurs des années 60, euthanasie rimait avec nazi et four crématoire avec nazisme.
Pour moi, femme qui prend de l'âge dans les années 2000, euthanasie rime toujours avec nazi et crématorium rime ave nazisme.
domino
01:00 Publié dans Les Mémoires d'une i-grimoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : société






