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vendredi, 09 octobre 2009

1.2.3. Partez! A Trifouillis desservi par les corbeaux...

Du journal de Doofie :

Chère Fanny,

Mince! Le collège commence à 8 heures 30. Je vais être obligée d'y aller! La collègue que je remplace a un congé d'un mois renouvelable. Graves problèmes de santé. Elle est environ dix ans plus jeune que moi, grance,mince et blonde à l'allure sportive et les cheveux coupés courts à la garçonne, bref, le look sportif. Bref, tout le contraire de moi qui suis grosse, châtain grisonnant, et les cheveux longs, jamais coupés pour ne pas abîmer les pointes. Intello à lunettes, quand la collègue a un beau visage régulier. Ses problèmes de santé ont tout l'air d'être de la déprime.

Je l'ai cotoyé dans un collège dans les années 80.

Ensute elle a fait des collèges, pendant que je faisais d'autres collèges et du lycée pendant que je faisais un autre lycée.

Je l'ai cotoyée dans le lycée où elle était il y a cinq, six ans, suppression d'un poste d'allemand par an, elle a échoué sur le poste vacant de ce collège où un collègue venait de partir en retraite, poste que je n'avais pas demandé parce que c'était Trifouillis les Andouillettes, desservi par les corbeaux. J'étais rattachée dans le lycée et j'étais sur poste fixe. Je faisais le Centre de Ressources d'Allemand pour elle et ses collègues. Elle s'en est beaucoup servi. Elle regardait mes classeurs tous les soirs en secret. Un jour elle m'a demandé de didactiser un texte de Welten pour elle, pour le lendemain matin, mais je n'ai pas eu le temps de finir en une nuit. En faisant tout le bataclan agrèg interne, éléments facilitateurs, entraves de contexte externe, interne, etc... et elle s'est mise en colère sur moi. Déjà à l'époque, je devais passer le DEA cette année là, mais mes profs n'ont pas voulu parce qu'ils voulait que je fasse d'abord l'agrégation à laquelle j'ai été pour la deuxième fois admissible, mais pas admise. Elle avait même fait une lettre au proviseur pour se plaindre de la présentation de mes papiers. Alors, son pauvre cahier de texte, avec mon écriture de médecin, il va être souillé!

Bon, on m'a dit que c'était un collège de racailles, alors je suppose que le congé pour un mois renouvelable.... j'ai bien compris de quoi il s'agit. Pourtant quand elle était dans ce lycée grande ville à milieux défavorisés, ça ne devait pas être mieux! Elle a perdu son mari il y a quelques années, mais au contraire si les élèves était gentils, ils devraient lui permettre de remonter la pente, donc, si elle ne remonte pas la pente grâce aux élèves, c'est qu'elle a des problèmes avec eux. Ce n'est peut-être pas la réalité, mais c'est ce que je crois comprendre.

Bon, il parait que je m'endors souvent, mais je crois que les élèves me tiendront en éveil...

Bon, j'y vais par le bus de midi...

J'espère que par les transports en commun, je ne verrai pas trop d'OVNIs. Hier soir, la lune était drôle, énorme par dessus l'horizon, il manquait le quartier en haut à droite au lieu de celui de gauche. C'est celle que j'appelle la deuxième lune, car je suis toujours persuadée qu'il y a une grosse lune rousse qui dépasse parfois par dessus l'horizon et une petite lune argentée qui brille très fort dans le haut du ciel.

Bien à toi.

Doofie....

(pour Doofie, la journaliste alternative, domino)

Toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite.

Statut des TZR

Le statut de TZR est géré par le statut des TR et des TA de 1960.

Les TZR  (Titulaires en zone de remplacement) sont généralement, agrégés, bi-admissibles ou certifiés). Ils sont titulaires d'une Zone de remplacement et rattachés, dans cette Zone de Remplacement à un lycée ou collège qui gère leur carrière, mais où ils ne travaillent pas forcément.

Les TZR travaillent généralement dans leur Zone de Remplacement ou à proximité. On doit toujours s'assurer que leur trajet peut être fait dans des conditions acceptables et en un temps pas trop long. Ils doivent pouvoir rentrer le soir chez eux.

Pour les TZR non motorisés, il faut tenir compte des horaires des moyens de transports en commun.

Rien n'indique dans  le statut de TZR, qu'il faille un permis ou une voiture. Les trajets peuvent être effectués par les transports en commun.

Rien n'oblige un TZR à avoir une voiture, ni à emprunter la voiture familiale quand elle existe.

Quand des frais de déplacement sont remboursés, c'est uniquement si le TZR ne travaille pas dans sa ville de rattachement. Ils sont rembousés sur les tarifs SNCF, 2ème classe.

En 1960 quand le statut des TZR a été publié, beaucoup de foyers, même de professeurs, n'avaient pas le téléphone : mes parents ne l'ont eu que vers 1970 et nous-même au début des années 80. Donc, le téléphone ne fait pas partie du statut des TZR. Le téléphone mobile n'existait pas, le téléphone mobile ne fait donc pas partie du statut des TZR.

Nulle part, il n'est spécifié qu'un professeur doivent posséder un téléphone et répondre aux demandes téléphoniques. C'est pourquoi les syndicats conseillent de ne pas répondre à ce  "recrutement sauvage" de TZR.

Si les rectorats demandaient aux TZR de répondre au téléphone, il faudrait que les rectorats paient les téléphones professionnels et les abonnements professionnels  des professeurs. Si les rectorats veuillent que les TZR répondrent aux sollicitations sur leur téléphone mobile, il faudrait que le rectorat offre des téléphones aux professeurs et également des abonnements. Car il n'est pas normal que le TZR doivent débourser de l'argent avant même d'avoir effectué son remplacement.

domino

Bêtie est morte...

Doofie écrit dans son journal :

"Je m'étais fait une nouvelle amie, Bêtie, qui suivait comme moi des cours à l'université. Bêtie est TZR, titulaire d'une zone de remplacement éloignée de la métriopole régionale, mi-rurale, mi bassin industrialisé, bêtie est bi-admissible à l'agrégation. Bêtie aurait pu prendre sa retraite dans un an et demi,mais vu la prolongation des années de cotisations et la passage d e37,5 ans de cotisations à 41 ans et deux trimestres pour les personnes de son âge, Bêtie doit jouer les prolongations et travailler jusqu'à 65, voire 67 ans. Il y a deux jours, Bêtie a cru entendre par son mari, que quelqu'un aurait téléphoné pour l'appeler pour un remplacement... Hier plus personne n'a téléphoné... Bêtie s'est dit "Comme elle'n' était pas là (en juin, elle a reçu un papier lui disant qu'elle pouvait suivre des cours d'agrégation en fac, si elle suivait le stage PAF correspondant...), elle a pensé qui'on avait téléphoné à quelqu'un d'autre et que le remplacement était occupé. Bêtie n'a reçu aucun ordre de mission écrit, donc, elle ne pouvait pas partir sur le remplacement (sinon tout accident arrivant sur la route ne serait pas considéré comme accident du travail). Cette après-midi entre le cours de version et le cours de littérature, ou plutôt l'inverse, elle a appris qu'elle serait destituée, si elle ne rejoignait pas immédiatement son remplacement. Menace de retenue sur salaire, etc... si elle n'est demain matin devant une classe, dont elle ne connait même pas le niveau ni le manuel (le rectorat a bafoué la règle des deux jours octroyés pour préparer les cours). Normalement on accorde même une semaine pour préparer les cours...

C'est même peut-être une farce de gens du privé en congé formation qui sont avec nous en fac, ils ne connaissent pas le statut de TZR, et téléphonent au rectorat, pour dénoncer les TZR qui suivent les cours d'agrégation entre leurs remplacements. La femme qui a téléphoné porte le même prénom que celle qui fait des langues rares et lui ressemble, bien qu'elle soient différentes, je sens que je vais haïr ce prénom. Quand Bêite a annoncé qu'elle ne viendraient plus aux cours en fac parce qu'elle avait peut-être un remplacement, que c'était loin de tout, et qu'elle ne savait pas comment y aller, la femme double qui office sous deux visages légèrement différents avec le même prénom dans la même université  a sourit triomphalement, et ses yeux ont brillé d'un air presque sadique. Bêtie a détourné le regard, sachant que le jour du concours, la femme double aura beaucoup plus de matière pour remplir sa dissertation qu'elle même.

Enfin, Bêtie a cru que c'était vrai. Elle a commencé à pleuré pendant le dernier cours parce qu'elle ne pourraient pas assister à tous ses séminaires de recherche, parce que tout comme moi, elle a été admise en recherche. D'un seul coup, elle va voir, qu'elle n'aura plus le temps escompté pour sa recherche, d'autant plus que pour le retour du collège situé dans une zone rurale, elle va devoir attendre le bus jusqu'à 18 heures 25, donc rentrer vers 19 heures 30, 20 heures chez elle... Elle qui était si heureuse d'avoir été admise en recherche... Elle ne voit plus d'issue à sa situation sinon celle de travailler toutes les nuits pour réussir ses études tout en travaillant la journée.

Bêtie, en passant en train dans la campagne, s'est soudain sentie attirée par le vide, elle a débloqué la portière et s'est laissé emporter par le vent, elle s'est sentie soudain légère, elle est montée très haut et a rejoint le paradis.

Doofie qui était dans le train suivant a dû attendre lontemps, 30 minutes de retard a affiché le train, pendant qu'on ramassait les restes de Bêtie le long de la voie, Bêtie qui aurait pu être en retraite dans un an et demi, si on n'avait pas prolongé les trimestres de cotisation. Elle aurait fêté sa retraite dans un an et demi, après avoir entendu le speech d'une principale qui aurait souligné l'apogée de sa carrière en lycée, il y 8 ans, avant qu'un inspecteur ne passe, quand elle était jury de BTS dans trois académies, membre des commissions de choix de sujets, responsable des commissions d'harmonisation, etc... Mais, aurait lu la principale Mme Du Coup (Bêtie avait passé son temps à compter combien de fois la principale a dit "du coup" le jour de la prérentrée : "Du coup pour la grippe A, on ne fermera pas le collège, parce que "du coup", le ministre a dit, que non, on ferait cours avec la moitié des élèves, s'il n'y en a que la moitié, parce que "du coup"... bon, bref, du coup, les professeurs continueront à faire cours normalement, si la pandémie atteint le collège, etc..." ça avait fait rire Bêtie, mais ce collège là était à côté de la gare ou presque, on voit d'ailleurs passer le train quand on est dans le collège, on les voit par les fenêtres, les trains régionaux et les trains de marchandise...

Mais là où l'on envoiyait Bêtie, c'était à 20 km de toute gare, et Bêtie ne pouvait pas arriver à l'heure.... à cause des bus qui ne partent pas assez tôt le matin (les chauffeurs ont besoins de sommeil...)

Bêtie ne savait pas comment faire, alors Bêtie a tiré la révérence à ce monde, d'autant plus que d'après on mari Rapidy, une personne du rectorat, lui avait envoyé des menaces pour service non fait, avant même qu'elle est signé le PV d'installation sur une suppléance (le papire de rattachement administraitf est singé depuis le 1er septembre, c'est un rattachement administratif qui ne pouvait être changé qu'à la demande expresse de Bâtie, et elle n'a pas demandé de changement, et avant même qu'elle ait trouvé dans sa boîte un ordre de mission l'envoyant en remplacement. Bêtie, dans ses larmes, a tiré la révérence à ce monde, tout doucement, sans faire de bruit, en retardant seulement deux ou trois trains d'une demi-heure.

Les gens ne sauront jamais que Bêtie, qui les a retardé d'une demi-heure, étaient bi-admissible à l'agrégation, certifiée et maître es-allemand, ils savent juste que c'est un accident de personne qui les a retardé. Ils ne sauront jamais qu'elle avait l'une des plus belles voix qui soient et jouaient du violon comme une pro virtuose. Ils ne sauront jamais que ses enfants et ses petits enfants, pleurent une maman et mamy qui les avaient rendu si heureux.

Adieu Bêtie, je te pleure de toutes mes larmes...

 

Doofie

(pour Doofie, personnage de roman-théâtre (toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite : domino)