samedi, 10 octobre 2009
Mon premier jour (2)
(Suite du journal de Doofie, personnage de roman-théâtre, toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite).
Chère Fanny,
Bon, hier, je me suis réveillée à 6 heures 30, mais il était déjà trop tard pour prendre le train de 6 heures 46, le temps de m'habiller, de me laver, de prendre le bus juqu'à la gare, s'il y avait un bus à cette heure là (il faudra que je me renseigne pour mardi matin, mais je pense que je vais devoir me lever à 5 heures du matin).
Alors, j'ai appelé le collège vers 7 heures du matin, on voulait que je vienne tout de suite, non le prochain car de Gare d'Arrivée jusqu'au collège est à midi. Je ne peux pas venir avant cet après-midi.
"Bon, alors, venez cet après-midi a dit la Principale".
Deuxième coup de téléphone... "Il dure combien de temps le remplacement?"
- "Un mois, mais ça risque de durer plus longtemps, car votre collègue est TRES malade!"
(Je sais depuis, qu'elle est malade des nerfs, c'est un secret de polichinelle dans le collège, un secret que tout le monde chshotte, elle n'a qu'à faire comme moi, s'endormier dès qu'elle est assise sur une chaise ou dans un fauteuil, de train, par exemple! ça détend! Dans le train, les contrôleurs doivent souvent me réveiller pour voir mon billet!)
Bon, après avoir pris le train vers 10 heures 40, mais il fallait d'abord que j'arrive jusque là, donc, j'ai dû partir une heure avant, après avoir pris le train vers Ville de Lycée où j'ai travaillé dix ans, j'ai pris le car un peu après midi. Jolie campagne, bocage et encore beaucoup de fleurs pour la saison. Agréable parcours. De quarante minutes. La ville, que je connaissais déjà pour l'avoir visitée en tant que touriste, a de la gu..... . Clocher spécial, hötel de ville historique, jolie place ancienne, maisons en forme de châteaux, mélange de pierre et de brique, kiosque à musique, ... Je découvre pour aller au collège à pied depuis la place ses petites rues étroites. Et quand j'arrive au collège, surprise... Moi, qui croyais que c'était un collège moderne.... Un veiux bâtiment, entrée du bâtiment administratif en haut des marches... Un collège rural à la ville... Bref, un collège public qui ressemble à un collège privé.
Après être entrée je découvre la cour carrée, fermée côté rue et côtés latéraux par de vielles bâtisses, dans le fond un bâtiment plus moderne au préau formant des arabesques, contient le bureau du CPE, de la principale adjonte (c'est écrit très grand, pas moyen de se tromper) et de la Vie Scolaire, et sur le côté en dehors de la cours carré, la cantine, l'infirmerie, etc... Les élèves jouent dans la cour carré, et je les vois comme à la télévision par la fenêtre qui est en face du fauteuil où l'on m'invite à m'asseoir. J'attends bien une demi-heure, trois quart d'heures, la fin de la récréation de midi, avant d'avoir mon entrevue avec la principale. C'est très net que ici, quand on rend visite à l'adminnistration, on doit souvent attendre.
J'observe les élèves, plus de petits que de grands, un taux de surpoids assez considérables, 75% des garçons en surpoids et 25% des filles. Ils portent des couleurs à la mode, des tons fondus, mauve, vieux rose, vert mousse, seuls cinq élèves ont du rouge et une de l'orange, ceci pour les hauts, car la plupart sont en jeans. Quelques filles un peu plus coquettes portent des mini-jupes sur des leggings. Certaines ont des tuniques à la mode. Une maman arrive derrière moi, elle vient cherche sa fille courbée en deux : lumbago à 12 ans. "Le sac est trop lourd", me dit la maman, en soulevant le sac à dos de sa fille, qui n'aura rien à envier au mien quand on l'aura rempli de six manuels. Cela m'évitera de les chercher dans le fouillis familial. Quelques élèves passent : des rhumes.... sont dans l'ambiance. La secrétaire est enrouée. En rentrant le soir et ce matin, je prends vite mes plantes et mon homéopathie pour chasser les liquides qui commencent à encombrer mon nez. Les élèves, ont pour la plupart des têtes blondes ou châtains, peu de têtes brunes ou noires de cheveux. Rien qu'un ensemble blond, la ville a été fondée par une princesse thuringienne ou alamane, ou franque, ce sont des francs ici, pas de celtes gaulois et pas du tout de romains. En tant que princesse de sang royal mérovingien, carolingien et capétien et peut-être par des branches maternelles, Habsbourg, je suis chez moi. Princesse sans bien, en tout cas.
La prnicipale est sèche : "Comment se fait-il que vous n'ayez pas entendu les messages de mardi?"
- "J'étais à l'université!"
"Tout ce que je vous demande, me dit la principale, qui m'a annoncé des effectifs assez faibles, c'est de remotiver les élèves pour l'allemand et de ne pas avoir de problèmes de disicpline".
Pourtant en consultant les cahiers de texte, je verrai que ma collègue a fait des efforts pour parler de l'utilité de l'allemand et de ses "particularités". Elle n'est peut-être pas entrée assez vite dans le vif du sujet! Les faire parler allemand.
La principale ajoute "Oui, l'allemand est une matière difficile... C'est difficile d'apprendre l'allemand et de l'enseigner..." Au moins, elle est réaliste.
Mais je lui réponds, que ça dépend, en fait, ça dépend de l'aptitude intellectuelle des élèves, certains apprennent plus vite que d'autres. Que normalement, ils doivent pouvoir apprendre quand même.
Plus tard les profs me diront qu'en fait, c'est surtout l'allemand qui pose des problèmes de discipline, que en fait, les autres matière, ça va à peu près. Une prof d'anglais a l'air de drie que ça ne va pas très vite quand même.
Je suis assez étonnée, car jadis, quand j'étais dans lycée où j'ai travaillé dix ans qui recrutait dans ce collège, les élèves d'allemand de ce collège étaient les meilleurs parmi les secondes. Donc, à mon avis, ils doivent avoir les aptitudes intellectuelles. Des anciens de ce collège, ont même fait des études d'allemand. Leur prof est maintenant directrice d'une UFR d'allemand, c'est un bon tremplin! Ce collège avait il y a dix, quinze ans, une bonne réputation. Et mes élèves me disaient : "Vous connaissez Mme Germaniste? C'est une bonne prof, vous savez!" Maintenant, je la connais mieux, c'est ma prof aussi.
Bon, bref, remotiver les élèves pour l'allemand, comment? Est-ce que cette principale à l'air austère apprécierait si on faisait des jeux ou des chants? Hmm??? Elle ne m'a pas parlé de jumelage non plus, ni d'échange scolaire. J'ai oublié de lui poser la question.
Par contre, Mme la Principale n'aime pas les stages PAF. "Vous n'irez à vos stages, que s'ils ne gênent pas le service! Ce qui compte avant tout pour moi, c'est de faire cours."
"Mais je reçois des ordres de mission pour cela..."
"Cela m'est égal, je ne vous donnerai pas l'autorisation d'absence pour les stages PAF!"
D'ici les stages PAF, on verra, la collègue sera peut-être rentrée d'ici là. Généralement, ils commencent en janvier.
C'est embêtant en cas d'inspection, car l'inspecteur nous juge aussi sur le fait que nous participons à des stages PAF. Cela nous donne, en principe, un plus en inspection, et il faudrait aussi que je m'initie aux nouvelles certifications.
Ensuite, on me fait faire le tour du propriétaire, une gentille surveillante ou aide-éducatrice s'en charge. Personne ne se moque de mon embonpoint, d'aillleurs de ce côté là, le collège est pourvu de nombreux personnels féminins qui ne doivent pas envier mon nombre de kilos, car elles en ont plus que moi...
Bon on me fait tout visiter, ma future classe aux nombreux posters fait de main d'élèves et qui me donnent à penser qu'ils ont quand même un certain niveau, ou alors ce sont de vieux posters. Le matériel est complet, magnétophone, magnétoscope, DVD, télé. Il ne manque qu'un ordinateur et une imprimante. Souvent, côté matériel, on est mieux loti dans les collèges que dans les lycées.
Puis, la salle des profs, les salles pupitres, la surveillante m'indique même l'emplacement des toilettes des profs, à chaque étage, je visite le CDI et je parle un moment avec le documentaliste (un vrai, pour une fois, qui aime son métier!), puis on passe dans la cantine, le bureau de la vie scolaire, où j'examine les cahiers de textes je pose un tas de question : gestion des absences, etc...
Je sais que la collègue était là l'année dernière, alors je me demande pourquoi, elle est en congé maintenant, elle qui a tenu des années dans un lycée à 75% d'étranger..; c'est vrai que dans le même type de lycée, j'ai eu pendant deux ans, "donne toute satisfaction" sur ma note administrative. Elle a fait les quinze premiers jours, donc, s'il s'agit d'un problème d'élève, il vient des sixième (mais vu leur nombre, ça m'étonenrait) ou des quatrième LV2. A moins que comme moi, elle ait eu l'année dernière une inspection du genre de celle qu'a eu Bêtie (voir note précédente dans mon journal).
Bon, je continue, après ce tour du propriétaire et quelques papiers à remplir... je retourne prendre le bus à la place.. qui me ramène au collège, les élèves montent, on les dépose peu à peu dans les villages, je suis la dernière à rester dans le bus, car les élèves ne vont pas juqu'à Moyenne Ville qui a son collège aussi. Des filles se font attraper par le chauffeur, elles ont laissé des bâtons de sucettes dans le fond du bus. Bonjour l'obésité!
Je rentre après avoir pris le train jusqu'à Grand Ancien Carrefour Ferroviaire et le bus vers la maison, vers 19 heures 30, soit 2 heurs et demi de route!
Bien à toi, Fanny.
Doofie
(Pour Doofie, personnage de théâtre, domino...)
12:08 Publié dans enseignement (3) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tzr, remplacement, enseignement, suppléance
Ma première journée (1)
Du journal de Doofie :
(fiction, roman-théâtre, toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite...)
1) Concernant mon amie Bêtie (voir quelques jours avant) :
Bêty avait déjà été plusieurs fois dans sa carrière longue de 30 ans, en congé de longue maladie ou en congé de longue durée pour dépression. Jamais à cause des élèves :
- la première fois, elle était jeune prof, elle avait environ 30 ans, les deux premières années s'étaient bien passées, elle multipliait les activités pour l'allemand, jumelage, chorale en allemand, clubs... Une collègue dix ans plus âgée, mère de 3 jeunes enfants, avait pris ombrage du fait que sa jeune collègue, jeune mariée, tout frais émoulue de l'université, ait le temps de faire autant d'activités, elle a profité d'un changement de principal pour aller raconter des histoires fausses sur elle au nouveau principal, que son jumelage était un b....l (ce qui était faux!), etc... La collègue faisait sentir régulièrement sa désapprobation et son animosité à Bêtie et Bêtie qui par ailleurs venait de perdre son père, à 30 ans tout juste, en a fait une dépression. On a mis la dépression sur le compte de la mort de son père, alors que la dépression était dûe surtout à l'animosité de la collègue qui avait aux environs de 40 ans.
- la deuxième fois, elle était dans un colège zone violence, au début, elle ne s'en sortait pas trop mal, mis à part qu'elle avait été convoquée au bureau du principal parce qu'un élève de la classe faisait du bruit en se retournant souvent. Tout de suite elle a été considérée comme une prof "n'ayant pas d'autorité", et on a convoqué une inspection qui s'est bien déroulée, et on l'a convoqué au médecin assermenté, car depuis cette entrevue chez le principal, Bêtie s'était sentie en infériorité par rapport aux autres professeurs, et elle en a fait une crise de nerf. Elle passait quelquefois devant la classe d'une MA de maths où les élèves étaient montés sur les tables, et les elèves sortaient et disaitent "Venez râler sur nous, Madame, parce qu'on est pas sage". Et Bêtie se sentait obligée de râler contre les élèves de sa collègue, qui se rasseyaeint sagement et recommençaitent dès que Bêtie avait passé le bout du couloir et était montée à l'étage. Et cette prof de maths n'était pas inquiétée par le principal, parce qu'elle ne s'en faisait pas et ne piquait pas de crise de larmes et ne criait pas.
- la troisième fois, c'est après sa dernière inspection, elle était devenue un pilier de lycée, elle etait jury de BTS pour trois académies, membres des commissions, etc... (vous connaissez la chanson, si vous avez lu le début de mon journal...) et l'inspecteur avait fait un rapport d'inspection caricatural, qui disait tout le contraire de la réalité : que 3 étèves seulement auraient participé, alors que 3 élèves seulement n'avaient pas participé, et que les élèves pensaient avoir bien participé, que Bêtie était toujours restée dans le coin gauche du tableau noir, alors qu'elle avait écrit de long en large sur tout le tableau vert et qu'elle avait fait beaucoup de dessins (leçon du Taugenichts, avec le moulin, la campagne, la forêt, le Taugenichts sur le pas de sa porte, etc...,), qu'elle n'aait pas bougé du tout, alors qu'elle avait mimé, au milieu de la classe, devant le tableau, près de la porte, qu'elle n'avait pas contrôlé si les élèves écrivaient, alors qu'elles passaient dans les rangs pour voir s'ils écrivaient bien, etc... Jamais on a vu cela de mémoire de professeur inspecté, un véritble rapport de harcèlement moral. Bref, Bêtie qui avait des talents d'actrice, de chanteuse, de guitariste (elle avait fait des intermèdes de gutiare et de chant (la chanson du Taugenichts) sur la cassette dont elle avait fait lire le texte par un germanophone, et l'inspecteur avait prétendu qu'elle n'avait pas préparé son cours.... suite à cela Bêtie a fait sa troisième dépression, 13 mois de congé de longue maladie dont le dernier mois payé à demi traitement. (c'était une Terminale STT, dont le meilleur en allemand, s'en est sorti depuis avec une première année de Master d'allemand et est maintenant MA1 d'allemand dans l'enseignement privé).
L'inpecteur lui avait dit :
- "Vous avait fait une faute de débutante (elle avait plus de 20 ans d'ancienneté de professeur certifié!)"
- "Si j'étais parent dans ce lycée, je ne vous confierai jamais mes enfants!"
- "Si vous saviez ce que j'ai vu aujourd'hui, vu!" (Il venait de manger à l'hôtellerie dans ce lycée polyvalent à section hôtelière et s'il avait dit "Si vous saviez ce que j'ai bu aujourd'hui, bu!", Bêtie aurait compris. Bêtie passait à l'entretien la première après le repas. Car l'inspecteur avait inspecté quatre collègues à la file, le matin.
- Et surtout, ce qui avait plongé Bêtie dans la dépression : "Vos elèves ne vous aiment pas!", alors qu'elle était adorée par la plupart de ses élèves.
L'inspecteur est monté en grade grâce à cela, il est devenu inspecteur général (en retraite peut-être maintenant).
Bien sûr je n'attaque pas personnellement les inspecteurs, en écrivant cela, et l'inspecteur général en question n'existe pas, c'est seulement Betie qui me l'a raconté, et domino, auteur de ce blog, écrit un roman-thêtre, donc, on ne saura jamais si c'est vrai. L'auto -censure bloguesque oblige que les professeurs écrivent des roman-théâtre, mais c'est ainsi.
Et ici, alors que Bêtie est devenu par dépit suite à cette inspection, TZR, on menace Bêtie de tous les mots (retrait sur salaire, destitution, etc...), si elle ne va pas prendre immédiatement un poste, un poste où le dernier car pour rentrer est à 18 heure 25, et Bêtie ne savait pas si les jours de conseil, si les conseils vont au delà de 18h 15, car ce car là s'arrête sur la place et non devant le collège, quelqu'un la reconduira à la gare.
Alors Bêtie a fait, face à ces menaces téléphoniques, le dernier pas vers les pays de l'autre côté.
2) Je vous raconterai ma première journée après, sinon la note va être trop longue.
Doofie
(pour Doofie, personnage de roman-théâtre, domino).
10:32 Publié dans enseignement (3) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : remplacement, tzr





