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vendredi, 09 octobre 2009

Bêtie est morte...

Doofie écrit dans son journal :

"Je m'étais fait une nouvelle amie, Bêtie, qui suivait comme moi des cours à l'université. Bêtie est TZR, titulaire d'une zone de remplacement éloignée de la métriopole régionale, mi-rurale, mi bassin industrialisé, bêtie est bi-admissible à l'agrégation. Bêtie aurait pu prendre sa retraite dans un an et demi,mais vu la prolongation des années de cotisations et la passage d e37,5 ans de cotisations à 41 ans et deux trimestres pour les personnes de son âge, Bêtie doit jouer les prolongations et travailler jusqu'à 65, voire 67 ans. Il y a deux jours, Bêtie a cru entendre par son mari, que quelqu'un aurait téléphoné pour l'appeler pour un remplacement... Hier plus personne n'a téléphoné... Bêtie s'est dit "Comme elle'n' était pas là (en juin, elle a reçu un papier lui disant qu'elle pouvait suivre des cours d'agrégation en fac, si elle suivait le stage PAF correspondant...), elle a pensé qui'on avait téléphoné à quelqu'un d'autre et que le remplacement était occupé. Bêtie n'a reçu aucun ordre de mission écrit, donc, elle ne pouvait pas partir sur le remplacement (sinon tout accident arrivant sur la route ne serait pas considéré comme accident du travail). Cette après-midi entre le cours de version et le cours de littérature, ou plutôt l'inverse, elle a appris qu'elle serait destituée, si elle ne rejoignait pas immédiatement son remplacement. Menace de retenue sur salaire, etc... si elle n'est demain matin devant une classe, dont elle ne connait même pas le niveau ni le manuel (le rectorat a bafoué la règle des deux jours octroyés pour préparer les cours). Normalement on accorde même une semaine pour préparer les cours...

C'est même peut-être une farce de gens du privé en congé formation qui sont avec nous en fac, ils ne connaissent pas le statut de TZR, et téléphonent au rectorat, pour dénoncer les TZR qui suivent les cours d'agrégation entre leurs remplacements. La femme qui a téléphoné porte le même prénom que celle qui fait des langues rares et lui ressemble, bien qu'elle soient différentes, je sens que je vais haïr ce prénom. Quand Bêite a annoncé qu'elle ne viendraient plus aux cours en fac parce qu'elle avait peut-être un remplacement, que c'était loin de tout, et qu'elle ne savait pas comment y aller, la femme double qui office sous deux visages légèrement différents avec le même prénom dans la même université  a sourit triomphalement, et ses yeux ont brillé d'un air presque sadique. Bêtie a détourné le regard, sachant que le jour du concours, la femme double aura beaucoup plus de matière pour remplir sa dissertation qu'elle même.

Enfin, Bêtie a cru que c'était vrai. Elle a commencé à pleuré pendant le dernier cours parce qu'elle ne pourraient pas assister à tous ses séminaires de recherche, parce que tout comme moi, elle a été admise en recherche. D'un seul coup, elle va voir, qu'elle n'aura plus le temps escompté pour sa recherche, d'autant plus que pour le retour du collège situé dans une zone rurale, elle va devoir attendre le bus jusqu'à 18 heures 25, donc rentrer vers 19 heures 30, 20 heures chez elle... Elle qui était si heureuse d'avoir été admise en recherche... Elle ne voit plus d'issue à sa situation sinon celle de travailler toutes les nuits pour réussir ses études tout en travaillant la journée.

Bêtie, en passant en train dans la campagne, s'est soudain sentie attirée par le vide, elle a débloqué la portière et s'est laissé emporter par le vent, elle s'est sentie soudain légère, elle est montée très haut et a rejoint le paradis.

Doofie qui était dans le train suivant a dû attendre lontemps, 30 minutes de retard a affiché le train, pendant qu'on ramassait les restes de Bêtie le long de la voie, Bêtie qui aurait pu être en retraite dans un an et demi, si on n'avait pas prolongé les trimestres de cotisation. Elle aurait fêté sa retraite dans un an et demi, après avoir entendu le speech d'une principale qui aurait souligné l'apogée de sa carrière en lycée, il y 8 ans, avant qu'un inspecteur ne passe, quand elle était jury de BTS dans trois académies, membre des commissions de choix de sujets, responsable des commissions d'harmonisation, etc... Mais, aurait lu la principale Mme Du Coup (Bêtie avait passé son temps à compter combien de fois la principale a dit "du coup" le jour de la prérentrée : "Du coup pour la grippe A, on ne fermera pas le collège, parce que "du coup", le ministre a dit, que non, on ferait cours avec la moitié des élèves, s'il n'y en a que la moitié, parce que "du coup"... bon, bref, du coup, les professeurs continueront à faire cours normalement, si la pandémie atteint le collège, etc..." ça avait fait rire Bêtie, mais ce collège là était à côté de la gare ou presque, on voit d'ailleurs passer le train quand on est dans le collège, on les voit par les fenêtres, les trains régionaux et les trains de marchandise...

Mais là où l'on envoiyait Bêtie, c'était à 20 km de toute gare, et Bêtie ne pouvait pas arriver à l'heure.... à cause des bus qui ne partent pas assez tôt le matin (les chauffeurs ont besoins de sommeil...)

Bêtie ne savait pas comment faire, alors Bêtie a tiré la révérence à ce monde, d'autant plus que d'après on mari Rapidy, une personne du rectorat, lui avait envoyé des menaces pour service non fait, avant même qu'elle est signé le PV d'installation sur une suppléance (le papire de rattachement administraitf est singé depuis le 1er septembre, c'est un rattachement administratif qui ne pouvait être changé qu'à la demande expresse de Bâtie, et elle n'a pas demandé de changement, et avant même qu'elle ait trouvé dans sa boîte un ordre de mission l'envoyant en remplacement. Bêtie, dans ses larmes, a tiré la révérence à ce monde, tout doucement, sans faire de bruit, en retardant seulement deux ou trois trains d'une demi-heure.

Les gens ne sauront jamais que Bêtie, qui les a retardé d'une demi-heure, étaient bi-admissible à l'agrégation, certifiée et maître es-allemand, ils savent juste que c'est un accident de personne qui les a retardé. Ils ne sauront jamais qu'elle avait l'une des plus belles voix qui soient et jouaient du violon comme une pro virtuose. Ils ne sauront jamais que ses enfants et ses petits enfants, pleurent une maman et mamy qui les avaient rendu si heureux.

Adieu Bêtie, je te pleure de toutes mes larmes...

 

Doofie

(pour Doofie, personnage de roman-théâtre (toute ressemblance avec la réalité est totalement fortuite : domino)

 

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