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mercredi, 02 août 2017

Drôle d'histoire

Roman-théâtre

Du journal de Dummie,

Bonjour Messieurs et Mesdames. Je suis Dummie, une des copines de Doofie ma cousine éloignée. Voilà pourquoi je vous écrit. Doofie est repartie quelques jours dans sa région pour les funérailles de son frère. Avec son mari Schnelly. Si ce sont de vraies funérailles. Vous n'avez pas compris grand-chose à notre conversation de l'autre jour.

Voilà, Doofie qui est retraitée a passé des examens universitaires en janvier. L'université publie le calendrier sur internet longtemps à l'avance et tout à chacun peut connaître les périodes d'examens trimestriels. Seulement il y a eu trois décès dans les amis et la famille pendant la semaine d'examen. Le bouquet, c'était le dossier du beau-frère (le mari d'une des sœurs de Schnelly) à la fin de la semaine d'examen.

Entre temps Doofie a repassé la première session du semestre pair, mais personne n'était au courant et il n'y a pas eu d'empêchement. 

Par contre, deux jours avant les deuxièmes sessions que certains appellent les repêchages, bien que quand vous avez été empêché à la première session, ce ne soit pas réellement des repêchages, deux jours avant donc, Schnelly (qui avait annoncé les autres morts de la première session à Doofie), annonce qu'il a entendu à la radio qu'il y avait eu une accident grave à Loucheville, où demeure son frère et que l'homme était mort. J'espère que ce n'est pas mon frère pense Doofie en le disant à moitié tout haut. 

Puis Schnelly ne reparle pas de cette affaire.

Lorsqu'au bout d'une semaine et demi, Doofie revient de ses deuxièmes sessions, elle regarde de nouveau ses espaces internet, sur lesquels elle a retrouvé des amis et sa famille. Elle voit que les espaces de son frère qui la gratifait d'un "J'aime" de temps en temps (On dit un "Like") ou d'un + 1, ou faisait parfois un petit commentaire, que les espaces de son frère n'avance plus. Tout semble bloqué au premier tiers de juin, à son anniversaire. Il a dit deux Merci à des personnes le lui ayant souhaité et Doofie qui était un jour en retard a seulement eu un Like. Donc, il n'a pas eu le temps d'écrire Merci? Cela correspond à peu près à la date de l'accident que lui avait annoncé Schnelly sans savoir l'identité de l'homme accidenté. 

Cependant, Doofie attend avant de s'inquiéter, sa belle sœur (la femme de son frère) et sa nièce (la fille de son frère) publient encore régulièrement des "Partages" de vidéos...  de photos et de petites phrases amusantes... Elles n'ont pas l'air de s'inquiéter outre mesure pour un mari malade. 

Doofie continue de s'inquiéter (elle n'a pas vu que l'arbre généalogique du futur 'défunt" a été remis à jour le 16 juin), donc après l'annonce de l'accident par Schnelly (la nouvelle qu'il avait entendu à la radio). 

Doofie s'inquiété pendant plus d'un mois (mais cela peut arriver que l'on ne publie rien sur un espace pendant un mois..). Elle écrit d'une façon un peu anodine sur le mur d'un espace de son frère : "Hello, comment ça va?" ou bein "Hello, est-ce que tu vas bien". Quelques minutes plus tard, elle reçoit un message privé de sa belle sœur, lui signifiant que son frère va très mal qu'il a un cancer du poumon qui se généralise (Il n'a jamais fumé). Et qu'il est dans tel hôpital chambre tant. Il y a deux hôpitaux du même nom, et elle ne précise pas lequel. 

Une journée se passe Doofie, ronge son frein en silence, elle pense que ce n'est pas possible, parce que si elle n'avait pas mis sur le mur de l'espace internet "Hello, est-ce que tu vas bien?", elle n'aurait jamais eu cette mauvaise nouvelle. Elle a l'impression que ce n'est pas vrai, que quelqu'un a squatté l'espace internet de sa belle-sœur et se fait passer pour elle. Et puis, si ça a été mis en message privé, c'est que sa belle-soeur ou le squatteur de site ne veut pas que d'autres le sache. 

Deux jours après, Doofie finit par le dire à Schnelly, son mari, tu sais, il paraîtrait que mon frère a un cancer du poumon qui se généralise. Il est dans un hôpital de Grande Métropole Régionale (Si Doofie avait été le voir, elle se serait peut-être trompé d'hôpital, vu que deux hôpitaux, situé dans deux villes proches ont le même nom.

Quant on se souvient des histoires que Schnelly faisait pour son frère à lui (le beau-frère de Doofie) quand lors d'un examen, on lui avait diagnostiqué une leucémie, qui est guérie maintenant, sans traitement, bizarre... Ils se téléphonaient trois fois par jour... pendant plusieurs mois, à moins que Doofie en avait ras-le-bol, d'autant plus qu'il était question d'une greffe de moelle osseuse, où Schnelly, qui est quinze ans plus âgé que son frère, serait donneur. Mais dès que son frère a eu la titularisation du concours de la fonction territoriale qu'il venait de passer et a été mis sur un poste subalterne, on n'a plus entendu parler de cette leucémie qui a guéri spontanément. 

Doofie a dit à Schnelly : Tu vois, tu faisais tant d'histoires pour ton frère, et moi, je ne savais même pas que le mien était malade.

Le lendemain matin, oui, le lendemain du jour où Doofie en a parlé à Schnelly, le téléphone sonne. Schnelly venait d'arriver derrière elle et écoute la conversation sur le téléphone. Au début, Doofie ne comprend rien, on dirait la voix de ces filles qui font parfois des farces au téléphone, des appels provenant de numéros suspects. Doofie s'en veut, j'aurais dû laisser sonner la téléphone pour avoir la présentation vocale du numéro d'appel. Ce n'est peut-être pas la personne qui prétend être au bout du fil.  En effet, au début la conversation s'empètre, la voix au téléphone plus claire que celle de sa nièce, mais aussi plus stridente, Doofie sans la vouloir lui donne des éléments qui peuvent servir à une mauvaise farce, c'est (prénom de la nièce)? Ah oui, ton père est malade... Oui, il est parti répond la voix très triste. C'est quand l'enterrement. Il va être incinéré, répond la voix embarassée. Quoi? Incinéré? se révolte Doofie, qui sait qu'il n'a jamais été question d'incinération pour sa mère par exemple décédée il y a huit ans. C'est le voeu de toute sa vie, répond la nièce. Le vœu de toute sa vie? s'étonne Doofie... Elle pense que déjà, il n'a jamais été question de cela quand ils étaient jeunes, l'incinération c'est récent, cela n'existait pas quand Doofie avait trente ans à l'enterrement de ses grand-parents et de son père. Donc, ça ne peut pas être le vœu de toute sa vie. Doofie pense que ses neveux se laissent trop facilement influencer par les médecins ou les croque-morts, etc.. 

Je continue, je n'y crois pas trop, ce n'est pas possible, c'est une farce ou quoi? Cela arrive trop près de l'annonce de la maladie. Cela faisait un mois et demi qu'il était malade, dit la voix au téléphone (cela correspond au début des examens de fac). Doofie fait des investigations sur les espaces internet de son frère... Voilà quelqu'un qui présente ses condoléances à sa belle-soeur. Voilà en grand sur son trombine-livre, l'annonce du décès dans les "évènements". Et tous ses amis et les cousines de Doofie qui rappliquent et mettent leurs condoléances. Dans la journée même,, elle trouve un avis de décès sur le site d'obsèques.

Le site d'obsèque d'une entreprise de Pompes Funèbres n'a que trois morts annoncés par mois, ces pompes funèbres sont à Grande Métropole Régionale assez loin de chez son frère. En plus en trois jours, l'adresse des P. F. a changé de ville. Est-ce un vrai site? Des vraies P. F.? Des changements s'opèrent sur ce site, la liste des défunts ayant mis des faire-part n'est plus directement accessible. Un autre mort de Loucheville a disparu de la liste des faire-part. On annonce le lieu de la messe. Doofie recherche l'église sur internet, car ce n'est pas l'église principale de Loucheville. Bizarre... Elle ne la trouve que difficilement : Paroisse fermée, dit Gogol Cartes. 

Mince, se dit Doofie. Paroisse fermée! Mais enfin ce n'est pas possible, et je ne trouve même pas l'église sur Gogol cartes. D'habitude, je trouve tout tout de suite. On dira qu'on me cache cette église. Quand j'éssaie d'avoir la Vue de la Rue, je m'envole sur presque Gogol Terre et j'ai la vue d'avion. Bon, je n'arrive pas à survoler le pôe Nord, ni le pôle Sud, on dirait que la terre est accrochée en haut et en bas, mais on peut la pencher. Bon, je n'arrive plus à revenir sur la carte, je montre à Schnelly qui est derrière-moi et inspecte ce que je fais, car il veut aussi svoir où est cette église, que d'avion, on peut voir Grande Forêt en étant au dessus de Lutèce. De Lutèce on suit une chaîne de forêts, ce doit être une rivière, dit Schnelly, et on arrive à Grande Forêt, se dit encore Doofie. 

Bon, et puis, Schnelly à peine sorti de la pièce, Doofie trouve enfin, en vue satellite, une bâtisse au centre du hameau qui ressemble à une église. Ah! Si! C'est une église, elle a enfin la Vue de la Rue. Une église assez grande avec beaucoup de parking autour. Dans un hameau dont je n'ai jamais entendu parler de ma vie. C'est bizarre, on dirait que ce hameau aux consonances française a été parachuté là dans ce coin des bords de la France où les villes ont des consonances un peu germaniques. On dirait que ce hameau a été posé là sur la carte. Pourtant, il y a quelques anciennes maisons. Peut-être que la Vue de la Rue date d'il y a quelques années. Mais beaucoup de novelles constructions et des exploitations agricoles autour. L'église existe donc vraiment, mais la paroisse est fermée. Ils l'ouvrent peut-être encore pour des mariages, ou pour des enterrements. On ne sait pas...

Doofie en tout cas, trouve cela bizarre, une messe dans une église désaffectée... on a l'impression que l'on est dans un mauvais roman policier. Son frère sera-t-il vraiment dans le cercueil? Maintenant qu'internet a annoncé sa mort, la moitié du monde est au courant et pourtant, il y a moins d'une semaine, Doofie ne savait même pas qu'il était malade! 

Vu l'enchaînement de circonstances : une annonce de l'accident d'un inconnu dans la même ville, il y a un mois et demi. Pas de nouvelles pendant un mois (quand il n'y avait pas internet, on restait parfois six mois sans nouvelles des frères et sœurs). Sa mère les réunissait à Noël et à Pâques. Et parfois elle donnait un repas au restaurant en été, à ses enfants et petits enfants.) Une demande de nouvelles il y a 7 jours, une réponse alarmante le jour même. Et une annonce de mort trois jours après. Doofie se demande si c'est une mauvaise farce. La famille habite loin généralement. Qui y aura-t-il à l'enterrement, des amis retraités, des voisins...???

Doofie se demande si ce n'est pas un guet-apens, mais Schnelly insiste pour qu'elle y aille. Qu'elle lui donne les heures des trains, des cars, des bus. Il est un fana de l'heure, d'accord... mais est-ce que cette église au milieu d'un hameau inconnu, cette église désaffectée, ce n'est pas un guet-apens?

Doofie a peur d'y aller? Si c'était un guet-apens? Et si son frère n'était pas mort, pourquoi ne fait-on pas tout de suite un démenti sur Trombine-Livre, là où tout a commencé. ..

S'il n'est pas mort, sa femme et ses filles vont le priver de voir sa sœur pendant des années. Déjà qu'ils faisait des sorties avec les cousins du côté de sa mère, était invité chez eux sans le leur dire, mais on les voit ensemble sur Trombine-Livre, son frère et sa sœur, son beau-frère et sa belle-soeur avec ses cousines... alors qu'avant le décès de ma mère, ils ne se fréquentaient pas, et j'étais la seule qui les fréquentait. (fréquenter au sens de fréquenter un lieu, une école, un groupe...)

Bon, enfin... s'il était vraiment mort, c'est maintenant que Doofie est contactée par des cousins du 2ème et 3ème degré du côté de son grand-père paternel qu'elle n'a jamais connu (grand-père tué à la guerre, sa grand-mère s'était remariée et ils avaient perdu ce côté-là de la famille). Et juste à ce moment là, son frère qui les a cherché pendant un moment, partirait...??? Mais il cherchait le même nom qu'eux, alors qu'il y a eu des filles qui se sont mariées... avec des hommes d'un autre nom. 

Et puis encore deux trucs se sont passés dans la famille : 

une cousine a vu son magasin enfumé par l'incendie de son garage et de sa voiture, le jour-même du décès présumé du frère de Doofie. 

une nièce du côté de Schnelly a entendu une énorme explosion, celle d'un container de bouteilles de verre auquel on avait mis le feu pas loin de chez elle,  deux jours plus tard. 

En si peu de temps, cela fait beaucoup!

Un guet-apens, cette église désaffectée, si son frère est vraiment mort, c'est un assassinat médical... parce qu'ici même, dans ce roman même,  Doofie a émis des idées contre (= against) l'euthanasie et l'incinération. 

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domino

 

 

vendredi, 28 juillet 2017

Le frère de Doofie

Roman-théâtre

(Doofie et Dummie sont sur la camping où l'on voit la mer scintiller là-bas entre deux collines...)

Dummie : Qu'y-a-t-il, Doofie? Des larmes dans tes yeux? Des mauvaises nouvelles? (Doofie repose son portable sur la table du petit déjeuner).

Doofie : Mon frère serait mort!! Mon frère avec lequel j'ai grandi.. dont j'ai partagé la chambre jusqu'à l'âge de dix ans...

Dummie  (pâlit, parce que c'est son cousin) : Ah!

Doofie : Tu sais, je trouve cela bizarre... J'ai l'impression qu'on l'a tué... Tu te souviens de ma première session d'examens pour des UE du semestre cinq des licences dont j'avais encore à passer cette année. ... Il y a eu trois décès du côté de Schnelly sur cette semaine-là de janvier...

Dummie : Oui, je m'en souviens... Tu es même rentrée à la maison en cours de session... 

Doofie : Mais ce n'était pas pour cela, c'était à cause d'un vol dans l'hôtel. Et après, je n'ai pas pu revenir, il y avait eu une tempête de neige et il n'y avait plus d'électricité pour faire marcher les trains. 

Dummie : Mais trois morts sur la semaine...

Doofie : Oui, le lundi, sur la route, Schnelly explique que l'un de ses anciens collègues retraité depuis environ 6 ou 7 ans, est décédé. L'enterrement était le lendemain, je lui demande s'il veut y aller (il pouvait y aller tout seul, je le connaissais aussi, mais moins que lui...C'était un collègue d'origine espagnole, très sympathique). Schnelly répond que non, en plus, Schnelly ne pleurait même pas... il n'en avait pas l'air affecté. 

Dummie : Oui, c'est vrai..

Doofie : Oui, Schnelly est devenu bizarre concernant les décès et les morts, parfois, il rit quand il est  à un enterrement. 

Dummie : Ma petite sœur aussi, elle a rit à l'enterrement de mon grand-père, c'est le premier enterrement qu'on a fait ensemble, elle était à côté de moi et avait attrapé le fou-rire, j'en étais très gênée. Elle a fit à l'enterrement de notre mère, en fait, sa petite fille, l'arrière-petite-fille de ma mère faisait rire toute la rangée de devant à gauche de l'église où était la famille de ma sœur. A droite, il y avait mon frère et sa famille et ma tante, sérieux comme des papes, et moi et mon mari, on n'avait même pas trouvé de place au premier rang, on était au troisième rang. 

Doofie : Mais c'est injuste, ta mère a vécu longtemps, elle s'ennuyait, alors que mon frère, bien que retraité depuis peu, peut-être même pas un an, était très actif sur internet, et il venait de s'acheter un petit avion en maquette téléguidé quadrimoteur qu'il avait l'air d'affectionner beaucoup si j'en crois ses vidéos. 

Dummie : Il avait certainement envie de vivre longtemps. Mais quel est le rapport avec tes examens?

Doofie : Oui, il y a beaucoup de bizarreries... Tiens, pendant cette fameuse semaine de janvier, une autre personne est morte, de notre association de jumelage, d'environ 50 ans, un homme qui avait été à mes cours d'allemand du samedi avec sa fille. 

Dummie : Plusieurs personnes de cette association de jumelage sont mortes cette année : une autre dame est morte il n'y a pas longtemps, elle faisait partie d'une chorale où nous avions été, et de l'association de jumelage.

Doofie : Je ne sais pas si elle était dans celles qui avaient parlé avec moi sur un banc en attendant le car, sur le parking du camp de Buchenwald il y a quelques années. Au moins deux dames qui ont parlé avec moi sur ce banc sont mortes : la femme d'un de mes élèves du samedi, dont les parents étaient morts dans ce camp, et une autre dame qui aimait chanter des chansons polonaises et allemandes dont elle cherchait les paroles sur internet. 

Dummie : Si vous étiez à quatre sur le banc et que trois sont mortes, je crains pour toi aussi, ma pauvre Doofie..

Doofie : Ne parle pas de malheur, j'ai beaucoup de choses à dire, à écrire, beaucoup de musique à faire... il faut absolument que je vive longtemps. 

Dummie : Ton frère était grand-père, et avait trois enfants et trois petits enfants en bas âge. 

Doofie : Bon, tu vois, la troisième personne qui est morte cette semaine-là, c'est le beau-frère de mon mari..

Dummie : Donc, un beau-frère à toi aussi... 

Doofie : Oui, mais du côté de mon mari... Le mari d'une de ses sœurs. On a appris sa mort juste quand j'allais reprendre le train parce que j'avais une UE que j'avais bien travaillée le samedi après-midi. Finalement, je n'y suis pas allée, le samedi matin, il était complètement hors de question d'aller quelque part après cette nouvelle, mais Schnelly n'est pas allé à l'enterrement, il n'avait pas la carte d'identité nécessaire pour l'Allemagne, avec leurs histoires de carte renouvelée 5 ans, mais seulement pour la France et pas pour l'étranger. 

Dummie : Et ensuite...

Doofie : Il n'y a plus eu d'annonce de mort dans la famille, peut-être  encore une amie du comité de jumelage. Dans ce comité de jumelage ce sont toutes les personnes entre 50 et 69 ans qui meurent, les plus âgées restent là et les plus jeunes aussi, ce sont les retraités récents qui meurent généralement. 

Dummie : Oui, ils coûtent trop cher aux caisses de retraite...

Doofie : Mais voilà ce qui me fait penser que tout cela est un coup monté : La veille de la deuxième session du même semestre (donc de la reprise du semestre que je n'avais pas pu passer en janvier), Schnelly me dit, il y a eu un accident à Loucheville, un homme est mort en versant avec sa voiture dans un fossé (c'est une ville plate avec des petites routes bordées de deux grands fossés tout autour). 

Dummie : Et c'est là que tu as dit : pourvu que ce ne soit pas mon frère... 

Doofie : Oui, j'ai dit cela à Schnelly... mais on n'a jamais su qui était cet homme. 

Dummie : Et tu as passé tes examens... C'était vers le début juin... 

Doofie : Oui, sans savoir que mon frère était tombé malade, d'après ma nièce qui m'a annoncé le décès, il était malade depuis un mois et demi ce qui correspond au début de mes examens. 

Dummie : Les vandales ont peut-être cru que c'était ton mari et que tu allais devoir le soigner... ces vandales te connaissent sous ton nom de jeune fille. 

Doofie : Mais quel intérêt ils ont à me faire échouer à mes examens, ce ne sont pas des concours, donc, je ne prends pas la place de quelqu'un d'autres. Ils doivent être contre le fait que des retraités passent des examens. 

Dummie : Oui, c'est pour cela que moi, je ne passe plus rien... tu es courageuse. 

Doofie : J'ai commencé à m'inquiéter quand j'ai vu que mon frère n'écrivait plus sur internet. D'habitude il met des vidéos en lien sur son Trombi-Livre. Et sa femme aussi. Il a mis des vidéos en lien jusque vers le 7 juin et le jour de son anniversaire plusieurs personnes le lui ont souhaité sur Trombi-Livre. Mais il n'a pas répondu, c'était juste au début de ma semaine et demi d'examen (une semaine pour le semestre 5 que je n'avais pas pu passer et une demi-semaine pour le semestre 6 que j'avais déjà réussi en bonne partie. La première session du semestre pair, est apparemment passée inaperçue chez les tueurs. 

Dummie : Ne sois pas parano... 

Doofie : Bon, je vais te raconter encore... je m'inquiétais donc de ne plus rien voir sur internet, depuis que Schnelly m'avait annoncé un accident arrivé à un homme à Loucheville, et il y a deux nuits j'écris sur son mur sur Trombi-Livre : Comment ça va? C'est sa femme qui me répond, M.P., je ne sais pas ce que cela veut dire... mais je découvre un mot d'elle dans le chat : Ton frère a un cancer du poumon qui se généralise... et il est dans un hôpital, à Grande Métropole Régionale,  elle me donne même le numéro de la chambre. Je lui réponds en disant que c'est étonnant : si vite... il était pourtant en forme il y a un peu plus d'un mois, d'après internet... il mettait des vidéos en lien, mettait des "J'aime" sur ce que je publiais sur Trombi-Livre et sur Gogol Moins. J'étais contente qu'après un long silence après le décès de ma mère et le mariage de mon neveu, ils aient repris contact ainsi avec moi. 

Dummie : Et puis vlan.. Tout est foutu en l'air...

Doofie : Oui, tu ne peux pas savoir comme mon frère m'étais cher, c'était l'une des personnes qui m'étaient le plus cher au monde, la seule personne qui ait réellement partagé mon enfance... depuis que ma mère n'était plus là, ma sœur était plus petite, j'ai partagé son enfance, mais elle n'a partagé que mon adolescence. Mon frère c'était tous des souvenirs communs qu'on aurait pu encore partagé et qu'on était les seuls à connaître. C'étaient aussi des choses que j'aurais voulu connaître sur ma petite enfance, dans l'espace de temps entre ma naissance et mes trois ans, où les souvenirs sont encore flous et où les siens ne l'étaient déjà plus. Je voulais encore savoir des choses sur moi-même grâce à lui et sur mes parents dans ma petite enfance et sur ce qu'il savait en plus de moi sur mon père pendant la guerre, parce qu'il était plus grand pour écouter leurs récits. 

Dummie : Oui, il faudra que je demande aussi à ma grande sœur...

Doofie : Oui, mais voilà, ce qui est bizarre, c'est que je demande des nouvelles il y a deux jours, on me dit d'aller le voir à l'hôpital, j'hésite et on m'annonce sa mort aujourd'hui. C'est ma nièce qui a environ trente-sept ans qui téléphone, mais je n'ai pas compris comment elle s'est présentée au début, j'ai entendu vaguement parrain, marraine, je suis bien chez mon parrain... (juste avant de prendre le combiné, j'ai dit à Schnelly qui venait de descendre : Pourvu que mon frère ne soit pas mort.. je lui ai parlé seulement hier de ce que j'avais appris de sa maladie il y a deux jours et j'hésitais à le lui en parler... je me suis dit que si je lui en parlais, il arriverait un malheur...et puis, je n'ai plus tenu, je n'arrivais plus à garder ce secret... il n'a pas l'air affecté de sa mort, il est souriant).

Dummie : C'est bizarre, cette histoire-là... Comment elle t'a annoncé cela...??

Doofie : Je me suis demandé si c'était sa voix, je n'ai pas l'habitude de l'entendre au téléphone elle a dit "Papa est parti" et je lui ai dit "Mais ça faisait longtemps qu'il était malade? Je ne l'ai sur qu'il y a deux jours..." Elle a répondu que ça a été très vite, un mois et demi environ, mais elle n'a donné aucun détail sur sa maladie. J'ai demandé quand était l'enterrement (ils habitent assez loin de chez moi... quand il était venu faire signer des papiers pour ma mère, il avait trouvé la route très longue et s'était même perdu en route...),e elle a dit qu'il allait être incinéré. Je suis révoltée contre les incinérations, cela me fait penser aux camps de concentration, quand j'ai vu les fours à Buchenwald, j'avais 24 ans à l'époque, je n'ai plus sur manger de viande pendant plusieurs années. Je pensais que c'était de la viande humaine. Elle m'a dit que c'était son idée de toujours, j'étais vraiment étonnée de savoir cela de mon frère. C'est une famille très catholique et on est plutôt pour les enterrements que pour les incinérations. Pour moi, ce sont les goths, les germains qui sont pour l'incinération, les chrétiens sont pour les enterrements. 

Dummie : Oui, c'est bizarre, je suis aussi étonnée de cette attitude, cela ne leur ressemble pas, des jeunes qui chantaient à la messe dans les chorales chrétiennes, ses enfants, une incinération?? Bizarre... 

Doofie : Je ne connais pas bien leurs nouveaux gendres et brus. Je connaissais bien le premier mari de ma nièce qui chantait avec elle dans la chorale de l'église, mais je ne connais pas le deuxième. Au mariage de son frère, elle chantait encore en petit groupe de filles à trois ou quatre filles. 

Dummie : Oui, c'est bizarre que maintenant l'église catholique serait pour l'incinération, ou alors, ils ne sont plus catholiques. 

Doofie : J'ai demandé à ma nièce s'il y aurait une messe : elle m'a répondu que oui, sûrement, à Loucheville, mais elle ne sait pas quand...  elle nous préviendra... ils ne savent même pas qu'on est dans la dèche : voiture en panne, machine à laver en panne, tout tombe en panne dans notre maison, chauffage en panne en hiver, on vit comme au Moyen-Age. 

Dummie : Moi, ça me semble bizarre, ce cancer galopant. généralement, les cancers vont vite chez les enfants, mais sont plus lents à se développer chez les adultes. Regarde, j'ai une tante (la femme d'un frère de ma mère, donc pas du même sang que nous) qui avait eu un cancer du poumon, mais elle fumait beaucoup et mon frère ne fumait pas du tout), le cancer de ma tante, qu'elle a eu environ lorsqu'elle avait le même âge que lui avait duré longtemps, elle avait été opérée plusieurs fois, on lui avait enlevé des parties du poumon et elle s'en était sorti plusieurs fois. Et cela n'avançait pas vite quand même. Un cancer galopant comme cela, ça m'étonne. 

Doofie : Je pense qu'il a peut-être eu une infection s'il s'est mis à tousser, on peut avoir des bronchites l'été, j'en ai eu une la première fois que je passais l'oral de l'agrégation externe, je l'avais attrapée sur un remplacement du mois de juin, la principale adjointe était fort enrhumée et je lui avais parlé plusieurs fois et j'avais aussi attrapé froid sur un arrêt de tramway. Pour mon frère, il a plutôt eu une bronchite ou une pneumonie et on aurait dû lui donner des antibiotiques, plutôt que de la soigner pour un cancer. Un cancer ne peut pas se développer aussi vite chez un homme âgé, tout cela me semble cousu de fil blanc...

Dummie : Il n'est peut-être pas mort, ils font peut-être semblant... Regarde son Trombi-livre, il avait mis des vidéos sur les matières nocives dans les aliments. C'est vrai qu'ils combattaient un peu pour cela, pour une alimentation saine, pour les animaux, etc..

Doofie : Oui, mais à l'heure qu'il est, c'est peut-être mal vu... En tout cas, parler me fait du bien.. il n'est peut-être pas mort, ce n'est pas possible, regarde : nous on est complètement fatigués et boiteux depuis plusieurs années, moi, je me traîne, j'ai marché pendant deux ans avec des cannes, Schnelly marche avec une canne, il ne sait plus faire sans... cela dure depuis deux ans aussi... parfois, je n'ai plus de forces dans les jambes, on ne va jamais chez le médecin et on est toujours là... Schnelly est allée une fois chez notre ancienne femme-médecin pour sa sciatique. C'était très bizarre, d'après ce qu'il m'avait raconté, il y avait une rhumatologue avec elle dans son cabinet. Je lui ai dit : 'Mais comment cette rhumatologue a su à l'avance que tu venais pour des rhumatismes et qu'elle était dans la cabinet du médecin  généraliste?' Il n'a pas répondu, il a juste dit, elle était là et elle a dit que je devais faire des examens et me faire opéré. On n'a pas donné suite, s'il s'était fait opéré, il ne serait peut-être plus là...

Dummie : Oui, et toi tu as toujours mal aux genoux..

Doofie : Je prends mon mal en patience, j'ai moins mal qu'il y a deux ans... 

Dummie : Il paraît que ceux qui ont des rhumatismes vivent vieux, j'ai une grand-mère qui avait des rhumatismes, elle a vécu jusqu'à 87 ans, pour l'époque, ce n'était pas mal. 

Doofie : J'ai l'impression que l'on vit moins longtemps qu'avant... l'espérance de vie doit avoir diminué...

Dummie : Je pense que tu n'es pas parano, il est tombé malade entre les deux tours d'élection... comme tes inspections... Il y a beaucoup de Laplumistes dans la région. 

Doofie : Mais mon frère ne faisait pas vraiment de politique... C'était un scientifique.. il avait la tête dans les étoiles... il était intéressé par Mars, par l'informatique, par les maquettes, par l'électronique (cela avait été son métier), il a un site d'informatique sur les langages informatiques, très spécialisé. Il avait déjà ce site aux débuts d'internet. Il a travaillé sur la fibre optique. Il avait des brevets d'invention. C'était vraiment quelqu'un de bien, mais ces derniers temps les vidéos qu'il mettait en lien - sans qu'il les fasse lui-même - étaient plus politiques. Je ne sais même pas s'il votait et ce qu'il votait, pas Laplumiste, c'est sûr. Il était pour les logiciels libres.. 

Dummie : Comme Open-Office que presque toute l'éducation nationale et les universités emploient!!! On ne peut pas lui en vouloir pour cela. 

Doofie : Il utilisait Linux, bien qu'il avait été formateur Microsoft et avait un diplôme Microsoft. Il avait travaillé en télé-travail avec une entreprise de Paris. Pour moi, c'était un grand scientifique. Quant on allait encore souvent chez eux, il venait nous chercher à la gare de Grande  Métropole Régionale, et sur la route, il me racontait ce qu'il faisait, ses dernières inventions, que la fibre optique, ce serait l'avenir et tout et tout...

Dummie : Alors, pourquoi on aurait pu lui en vouloir? Des origines du Nord avec un grand-mère alsacienne, une famille bien pensante, un peu scientifique et écolo sur les bords. Une maison des années 70, assez simple dans un quartier où toutes les maisons sont pareilles... trois enfants bien éduqués et sages dont les deux premiers mariés et des petits-enfants... Pourquoi on aurait pu lui en vouloir...? C'est révoltant! Tu as raison Dummie, c'est révoltant.. Il était retraité depuis un an environ... 

Doofie : Et s'il est mort, que va faire ma belle-soeur, elle était mère au foyer. Elle va devoir se faire verser sa pension de reversion, elle n'aura pas grand-chose pour vivre, je crois.  Il n'avait que 69 ans, elle en a 59. Schnelly est cinq mois plus âgé que lui. 

Doofie : Révoltant de tuer mon frère, parce que je fais des études à l'université. Déjà on m'a mis des bâtons dans les roues pour un diplôme de langue de niveau A2  en me mettant toujours des cours à faire tardivement, les jours où j'avais cours, j'ai fini par le réussir grâce à un prof qui faisait cours le mercredi soir... et maintenant, alors que je suis retraitée, des  bâtons dans les roues pour réussir quelques licences.. on a failli tuer mon frère pendant la deuxième session pour que je n'ai pas ce semestre 5, puis on m'a fait croire qu'il était malade, parce qu'il a dû faire le mort pendant cette période-là... Tu as raison, il n'est peut-être pas mort..

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domino

dimanche, 23 juillet 2017

Pensée du soir

Le terme mathématique googol ou gogol en français désigne le nombre 10 100 et pourtant quand l'on sait que chez nous les gogols sont plutôt les élèves faibles en mathématiques....!!!!

vendredi, 21 juillet 2017

Doofie n'est pas morte

Roman-théâtre

(Non, Doofie n'est pas morte, rassurez-vous et son auteure domino non plus!)

(Sur le camping où l'on voit la mer entre deux collines, scintiller dans les lointains, tout là-bas...)

(Dummie se dirige vers Doofie qui s'est installée dès six heures du matin sur la terrasse en rebord de la piscine, sur son transat dans son sac de couchage à fentes latérales. Elle voulait continuer la généalogie interrompue hier soir par son malaise. Ses doigts sont posés immobiles sur le clavier, elle est couchée, ses yeux sont clos.)

Dummie : Doofie! Doofie! Oh! Pourvu qu'elle ne soit pas morte!

Doofie (ouvre les yeux) : Oh! Tu exagères, tu m'as réveillée en sursaut. Je faisais un beau rêve, je voyageais dans un beau paysage de montagne avec des beaux pâturages, je faisais une belle randonnée et je n'avais même pas mal aux genoux!

Dummie : Oui, dans les rêves, c'est parfois mieux que dans la réalité, mais ici, Doofie, c'est beau aussi, regarde là-bas, au loin, la mer scintiller entre deux collines. 

Doofie : Ah, c'est vrai, nous sommes en vacances! Ah! Ma généalogie, où en étais-je déjà... dit Doofie qui saisit en même temps l'un des vieux grimoires posés à côté d'elle. 

Dummie : Mais c'est l'heure du petit déjeuner, Doofie, il est huit heures, viens avec nous à la table Doofie se lève, elle s'installe à table avec ses copines devant un bol de café bien fumant, à l'odeur magnifique du café en grains qui n'est pas du tout l'odeur du café soluble que Scnnelly fait durant toute l'année. 

Dummie : Mais tu exagères, Doofie, tu sommeilles déjà devant ton bol de café...

Sottie : Tu te souviens à la fac, Dummie, il y avait dans notre classe de langue ancienne un infirmier anesthésiste bien sympa, il parlait souvent à Doofie..

Dummie :Chut! Tu vas rendre Schnelly jaloux... 

Foolie : C'est parce qu'il avait vu que Doofie s'endormait souvent, un infirmier anesthésiste assis à côté d'une dormeuse, il n'y avait rien de plus normal. 

Doofie : Oh, tu exagères, je n'ai été qu'une ou deux fois à coté de lui, il était dans le fond de la classe et je préfère m'asseoir devant parce qu'avec toutes les grandes perches de garçons qui étaient devant moi, je n'y voyais rien, j'étais obligée de me tordre le cou pour voir le tableau. 

Dummie : C'est vrai qu'avec l'âge on rapetisse! 

(Bon, laissons-là nos amies à leur conversation et laissons Doofie dormir souvent, il vaut mieux qu'elle sommeille plutôt que de mourir...)

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domino

Trois morts le même jour!!

Roman-théâtre

Sur le camping, où l'on voit la mer scintiller entre deux collines :

Trois heures de l'après-midi :

Schnelly, son smartphone à la main passe rapidement à côté des filles : 

Hé! YA une chanteuse qui est morte dans un festival, elle a été électrocutée...

Doofie (s'inquiète de savoir si ce n'est pas l'une de ses idoles...) : Une chanteuse, Qui?

Schnelly : Je ne sais pas, j'en ai jamais entendu parler, un petit festival dans le centre de la France...

Dummie : Qui çà? Qui çà? 

Sottie tapote sur son clavier d'ordinateur, tape les mots clefs : chanteuse, électrocution, mort, festival... tout de suite un nom s'inscrit, la chanteuse, personne ne la connaît parmi les copines de Doofie et Dummie... Bon, on tape son nom sur Votre Tube Cathodique, on regarde les vidéos. Elle chantait bien dit Dummie, cela faisait un peu brechtien. 

Il est 7 heures du soir, on prépare le repas du soir, Schnelly arrive de la forêt : Eh! Les filles! Encore quelqu'un qui est mort : le chanteur d'un groupe.. Vous connaissez ce groupe là, mesdames?

Le nom du chanteur, non, mais le nom du groupe me dit quelque chose, dit Bêtie. 

Il est minuit ou presque, Doofie veille dans le chalet en tapant ses dernières trouvailles généalogiques sur son ordinateur, elle a très chaud, l'impression que la température monte beaucoup : Oh, Mince, se dit Doofie, pas moi quand même, ça devient tout blanc, sa tête tourne.. ça revient, ça redevient tout blanc, Doofie se met à crier : Schnelly, réveille-toi, je vais mourir. 

Schnelly se réveille en sursaut : Quoi? Qu'est-ce qui se passe. Entretemps, Doofie a ouvert la porte du chalet.. elle respire un peu d'air frais, ça va mieux, ouf, je ne suis pas morte, se dit-elle...

Schnelly voyant que Doofie va mieux reprend la conversation...

Tu sais qui est mort?

Non, non, et non, arrête de me parler de mort quand je viens d'avoir failli mourir, tu te fous de moi ou quoi, profète de malheur!!!! Doofie qui a failli mourir,  se fâche.. Il exagère, Schnelly. Non, franchement tu exagères, toute la journée, tu annonces des morts...

Je viens de taper le nom de mon premier directeur sur mon smartphone, dit Schnelly, il est mort il y a deux semaines...

Quel hasard! Il y a deux semaines??  Il dit vrai, ou quoi? Il se moque de moi! J'ai déjà découvert sur internet la mort d'amis qui étaient partis deux ou trois ans avant, mais deux semaines avant, tu tapes un nom et tu apprends que la personne vient de mourir, c'est bizarre quand même!!!

Et puis, l'abbé qui nous a marié il y a plus de 40 ans, il est à la retraite depuis deux ans, ajoute Schnelly. 

Et il est mort aussi, demande Doofie...

Non... dit Schnelly...

Et moi, je suis à la retraite depuis un an, tu crois que j'ai envie de mourir ou quoi???? J'ai envie de faire un tas de choses, un tas de projet.. Déjà mes genoux qui font mal... Ta sciatique... ça empêche pas mal de choses... ça empêche de voyager, de faire un tas de choses... Alors , que j'aurais tant envie, maintenant d'aller voir la mer ou la montagne, de sortir un peu plus du trajet études-domicile, et ce camping, d'où on arrive même plus à faire des randonnées, à cause de ta sciatique et de mes genoux. 

J'ai encore un tas de morceaux de guitare à jouer, des textes et des textes à écrire.. regarde ma mère, elle était en forme physiquement, jusqu'à plus de 80 ans, et elle s'ennuyait à cent sous de l'heure. Elle voyageait pour faire plaisir à une sœur ou à ses copines, montrait des photos dont elle ne savait même pas exactement où elle les avaient tirées. Et moi et toi, Schnelly, on voudrait profiter de notre retraite et on ne sait plus marcher. Tu crois que c'est drôle. 

Ma mère s'ennuyait, elle se trouvait seule, alors qu'elle  avait beaucoup d'amies, ses sœurs, trois enfants qui lui rendaient quand même visite assez souvent, des petits enfants...

Et nous, quand on est à la maison,  on est là dans notre solitude à deux, encore lui, il parle un peu aux commerçants, rencontre des gens, mais moi, je suis là dans ma solitude avec quelqu'un qui ne peut me communiquer que des annonces de décès. 

En espérant que Doofie ne meurt pas et que vous continuiez à entendre parler d'elle...et que Schnelly arrête de faire le hérault, avec son tambour, boum badaboum boum, tu sais qui est mort???? Et un jour il criera à la ronde : Vous savez qui est morte? Non, devinez un peu... Doofie, Dummie, Bêtie, Sottie, Foolie, laquelle? 

Personne à la date d'aujourd'hui, à cette heure du moins... Bon Doofie, Dummie, Bêtie, Sottie, Foolie, et compagnie n'ont pas envie de mourir et leur auteure domino non plus...

Pour mes amies Doofie, Dummie et Cie

domino

 

 

mardi, 18 juillet 2017

Chercher ses clefs...

Roman-théâtre

 

Tiens, il y a des bruits de scie à métaux sur le camping aujourd'hui, se dit Doofie. Ils font des travaux. Doofie sort discrètement de son chalet, les yeux ensommeillés. Elle cherche les clefs du chalet qu'elle trouve dans son sac, elles devraient être près des clefs de la maison qu'elle a emmenées avec elle et dont elle est la gardienne, parce que Schnelly a la spécialité de perdre les clefs. En effet, Doofie a dû changé son Newman parce que Schnelly avait déjà perdu trois clefs de sa voiture à elle. Elle lui avait prêté une clef pour qu'il puisse s'installer dans la voiture garée à l'extérieur du lycée où elle a travaillé dix ans, pendant qu'elle finissait ses cours et son trravail. Il a perdu la première clef on ne sait où et a réclamé la deuxième. Il a perdu la deuxième, paraît_il, dans le train en allant aux toilettes, elles serait tombée de la poche de son pantalon dans le trou des toilettes. Puis, elle ne pouvait pas lui prêter la troisième puisqu'elle roulait avec, mais un jour qu'elle était pressée de prendre la train, il a gardé la clef parce qu'il a mis plus longtemps qu'elle a soirtir de la voiture et le soir en rentrant, elle n'avait plus la troisième clef qu'il avait encore perdue en la suivant dans la train. Elle a dû appeler le garagiste qui a mis sa voiture sur la dépanneuse et la mise dans son garage en attendant que la commande du novueau Newman arrive. Depuis Doofie ne prête plus ses clefs de voiture à Schnelly. 

Aujourd'hui, rebelotte, Doofie pense au réveil qu'elle s'est servie du seul trousseau de clef de maison, avant de quitter celle-ci pour partir au camping des vacances et les a mises dans son sac à main. Ele est persuadée qu'elles sont dans son sac à main et se matin, elle ne les trouve plus. Elle fouille le chalet à la recherche de ses clefs quelquefois que Schnelly les aurait cachées pour les mettre en sécurité : rien... Et Schnelly revient du dehors : tu cherches quoi? Les clefs de la maison... Maintenant, mais tu n'en as pas besoin... Mais si, je les avais mises dans mon sac, et elles n'y sont plus... Ce n'est pas moi qui y ai touché, rugit Schnelly... et il commence sa scène habituelle, à dire que lui n'a rien touché, qu'il est innocent.. Doofie lui fait remarquer qu'il n'a pas un comportement d'adulte, qu'il devrait garder son calme et l'aider à chercher calmement. Que si'il dit que ce n'est pas lui, comme un collégien de sixième ou de cinquième ou même plus âgé qui vient d'être pris en flagrant délit d'avoir fait un bêtise. Evidemment, le ton monte, et ils se disputent. Schnelly commence à dire : Puisque c'est comme ça, je m'en vais. Oui, mais avant de partir, retrouve les clefs, dit Doofie, tu ne partiras pas tant que je n'aurai pas retrouvé les clefs. 

Il dit : Va voir dans la deuxième pièce, elles y sont peut-être. Doofie a laissé son ordinateur dans la chambre, elle cherche dans la chambre et devant lui ouvre son étui d'ordinateur, cherche bien : Rien! Elle retourne dans la pièce devant, Schnelly va dans la chambre.. Le fait que Doofie a cherché dans sa housse d'ordinateur, ça lui a donné une idée... il ramène l'ordintaeur et crie vicorieusement : elles sont là tes clefs. Pourtant j'ai bien regardé, dit Doofie.. Mais non, là, en montrant les clefs coincées contre le métal de l'ordinateur. Tiens, je ne les aurais jamais mises là, se dit Doofie. A la rigueur, j'aurais pu les mettre dans la poche extéreiure ou dans l'une des petites poches intérieures, mais certainement pas comme çù contre l'ordintateur.

Puis Doofie se dit : Ces bruits de scie à métaux que j'ai entendu en me levant, ont cessé quand j'ai parlé des clefs, et qu'il s'est discrètement retourné, mais j'ai deviné qu'il tapait quelque chose sur son smartphone. Quelqu'un doit avoir peut-êtrre, s'il a eu le temps de les faire, le double de mes clefs sur le camping. 

Pour Doofie 

domino