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mercredi, 16 novembre 2016

Renvoyée de la chorale

Roman-théâtre

Vous savez tous que mon héroïne de roman-théâtre, Doofie, a une belle voix, qu'elle chante bien et joue bien de la guitare.

Comme elle faisait des études universitaires avec sa petite fille, elle a décidé d'être un peu plus présente cette année (l'an dernier, elle faisait des études par correspondance) et de s'impliquer davantage dans la vie universitaire. Comme d'habitude, elle a payé sa cotisation à l'action culturelle avec des droits universitaires, puis a consulté la plaquette des activités possibles et a opté pour une activité musicale, une petite chorale de chansons françaises où l'on était sensé faire rire le public ou rire soi-même. Elle s'attendait à bouger sur scène, devoir mimer les chansons, etc..

Et non, la chorale es très statique, on est en cercle, toujours debout pendant les répétitions,  il y a des voix plus ou moins graves, plus ou moins aigües, mais mis à part les hommes, on ne sait pas trop qui fait quoi, c'est difficile de s'y retrouver au début.

Elle ne sait pas qui est le chef, elle découvrira plus tard, c'est à dire seulement aujourd'hui, que c'est un chanteur régionalement connu, dont le groupe a eu une notoriété régionale à une certaine époque, elle en  avait vu une fois un concert dans sa vile dans les années 80.

Au début elle est bien accueillie, mais on lui dit qu'elle est la seule étudiante, alors que les autres choristes sont des professeurs de l'université et des personnels, membres administratifs, etc... Il n'y a que trois nouveaux, elle-même et deux hommes.

Tous les autres sont là depuis longtemps et on répète au début des chansons connues des autres choristes, souvent connues du grand public aussi. Doofie essaie de chanter avec eux la première fois. A la seconde répétition deux étudiantes sont venues, des plus jeunes, bien vite reparties, elles sont ne sont venues que  deux ou trois fois.

En principe, l'action culturelle de l'université devrait être pour les étudiants. Doofie est assez âgée, elle est professeure retraitée du secondaire. Mais elle est aussi étudiante et a payé sa cotisation à l'action culturelle, je ne sais pas si les personnels l'ont payée aussi. 

Doofie chante avec les autres. Les hommes chantent bien, même s'ils ne sont que quatre. Les femmes sont nombreuses, mais elle trouve qu'elles crient plus qu'elles ne chantent et que les voix sont criardes dans l'aigu. Doofie a vu depuis une vidéo du concert de l'an dernier, mais elle trouve qu'elles chantaient mieux à cette époque-là qu'à la reprise de septembre. De la scène, elle trouve que ça ne va pas trop. Elles ne sont pas toujours ensemble, ne savent pas tenir les secondes voix et les papapam d'imitation d'instruments.

Avant la pause de la Toussaint, elle arrive en retard après des problèmes de train, elle avait un partiel l'après-midi. Heureusement qu'elle est arrivée à la chorale avant, car tous les trains avaient du décalage.

Ce jour-là, peut-être à cause des vacances, il n'y avait presque personne, au maximum six femmes. Oh là là, se dit Doofie, c'est l'hécatombe! Mais à la rentrée, le nombre augmente à nouveau. Ce jour-là, avec quelques choristes, rien ne marche, et le chef coupe la séance, alors que Doofie, trop en retard, ne monte pas sur scène et chante de la salle.

Puis on reprend, la fois suivante, Doofie arrive encore en retard à cause des trains. Elle est même tombée à la renverse à l'arrivée, alors que le train dans lequel elle se trouvait et d'où elle descendait au terminus allait repartir dans une autre direction. Elle est tombée à la renverse avec son pied qui était déjà sur le marchepied coincé entre les deux portières. Elle a reculé assez rapidement pour ne pas être projetée en avant sur le quai. En effet, les gens qui montaient empêchaient les autres de descendre. On a l'impression que les gens deviennent de plus en plus brutaux. Il y a des périodes comme cela. Hier, un compartiment entier, d'une dizaine de personnes était plongé dans son Pokémon, sur téléphone ou sur tablette, alors qu'un seul monsieur qui n'avait ni tablette, ni smartphone, dormait. Doofie a trouvé qu'ils étaient sages.!

Le tout s'est passé comme d'habitude.

C'est la fois suivante, que le chef a fait chanter trois solistes femmes sur les couplets d'une chanson. L'une chantait assez fort, mais les deux autres faiblement, et l'une d'elle se trompait d'air à partir du 5ème vers.

Le chef avait amené sa guitare, et Doofie lui a demandé pour jouer un peu à la fin de la séance, elle n'avais pas joué depuis le mois de juillet. . Elle a chanté touts seule alors que les  choristes s'en allaient, il restait deux choristes femmes qui montaient l'escalier du théâtre quand Doofie a entonné la première chanson traditionnelle en anglais. Leurs mines se sont rembruni à moins qu'elles étaient émues par son chant, mais je ne sais pas. Le chef avait écouté Doofie, elles lui ont fait signe de monter, il est parti dans le couloir avec elles quand Doofie a entonné sa deuxième chanson, avec tout un picking de son invention. Le chef est revenu, a laissé chanter Doofie encore un peu et il avait un air embêté... elle l'a remarqué et a parlé du prix Nobel de Bob Dylan et a dit que Léonard Cohen l'aurait mérité aussi, et elle en comprend pas pourquoi après avoir évoqué son nom, ce dernier serait décédé quelques jours plus tard, d'après Schnelly.

Il y a quelques années l'ourson polaire Knut est mort juste après qu'elle avait dit à ses élèves du samedi : Tiens, on n'a pas entendu parler de Knut depuis un moment, est-ce qu'il est encore vivant? C'était au moment ou un groupe sortait de la classe et un autre entrait. Y-aurait-il eu un traitre dans le premier groupe, qui aurait téléphoné à Berlin?

Quand même, c'est un harcèlement terrible, si on va tuer les gens et les animaux dont elle parle!

C'est la même chose quand elle parle de quelqu'un à Schnelly, elle apprend parfois sa mort quelques temps après. Alors, elle n'ose plus parler des anciens amis.

Bon, je reviens à la chorale, Doofie, quand elle a vu que le chef avait soudain changé d'attitude, qu'il avait l'air embêté, s'est dit qu'elle n'aurait pas dû chanter toute seule parce qu'on a entendu sa voix qui emplissait tout le théâtre et résonnait fort dans l'aigu. Elle entendait elle-même sa voix qui résonnait dans le haut du théâtre. Elle projette très haut. Une fois dans un banquet de chorale, elle avait chanté du classique dans une vieille mairie avec une salle très haute et le chef, qui était sympa, avait trouvé que sa voix avait l'air de planer tout en haut. Dans le lycée où elle allait au club guitare, son collègue ne lui mettait pas de micro devant la bouche, mais seulement devant la guitare, parce que les micros n'arrivent pas à capter la voix sans saturer.

C'est quand elle est revenue hier, que les choses se sont faites. Doofie est arrivée légèrement en retard, mais presque pas, quand elle est entrée dans la salle, on s'installait sur la scène, le temps qu'elle pose ses sacs et enlève son manteau, on avait commencé les vocalises, avec un magnétophone et un piano et une voix enregistrée qui faisait les vocalises, une belle voix de soprano. Mais Doofie de la salle, s'est demandé d'où venait cette voix et ce piano, elle avait crus que le piano était dans les coulisses avec une pianiste qui chantait!

Elle s'est dit : Tiens, le chef a ramené une meilleure chanteuse que moi, pour me tenir la dragée haute!

Il n'a rien dit, il n'a pas chassé Doofie qui avait oublié ses feuilles. Elle a cherché après dans le train, dans son cahier de cours où elles les mettaient d'habitude, elles n'y étaient pas. Et elles les a retrouvées en arrivant à son cours de l'après-midi, dans ce même cahier!

Le chef ne s'est pas du tout occupé d'elle, elle a même fait la dernière chanson entièrement sans papier. Et a donc râté quelques phrases dont elle ne savait pas les paroles. Les autres avaient toutes leurs paroles.

Doofie est assise pendant les répétitions, contrairement aux autres, un choriste prévenant, lui amène régulièrement une chaise.

Les solistes avaient des voix plus sonore que la fois précédente et un peu plus mélodieuses, Doofie s'est dit qu'elles avaient dû prendre des cours de chant tous les jours de la semaine écoulée. Sauf une qui n'arrivait plus à prendre sa note de départ, que Doofie aurait pu prendre. C'est celle qui chantait mieux et d'une façon plus sonore la première fois est celle qui a chanté moins bien cette fois-là.

Dans une des chansons, Doofie avait fait une voix intermédiaire, dans les refrains et un ouh ouh très aigu pour accompagner le professeur dans son solo -bien que les chefs ne doivent pas chanter en soliste-. Il a dit que le choeur sonnait vraiment bien et a cherché dans les cimaises en regardant en l'air d'où venait cette voix.

A la fin de la séance, Doofie ne s'est pas rendu compte que c'était fini, puis d'un seul coup, elle s'est levée, le chef a dit qu'il voulait lui parler. Il l'a quand même aidé a descendre les deux marches sans rampe qui mènent à la scène.

Doofie s'est dit qu'il voulait peût-être lui confier un accompagnement, mais il n'avais pas l'air content, parce qu'il l'aide à descendre de la scène et après il se fâche sur elle..

Il a dit qu'il avait eu des récriminations de choristes et que ça avait été jusqu'à la directrice de l'action culturelle, parce qu'elle sentait mauvais..

Doofie sachant que l'on dit des racistes qu'ils sentent mauvais a rétorqué qu'elle n'était pas laplumiste. Elle a cru que c'était une allusion politique, mais elle s'est dit aussi que toutes ces femmes en majorité blondes et minces, et qui ne chantent qu'en français (elle avait chant en anglais une semaine avant), étaient peut-être elles-mêmes laplumiste.

Entendons-nous, Doofie n'est pas du côté d'Océane Laplume.

Il a sursauté, en se disant, mais qu'est ce qu'elle me répond??!!

Et il a insisté que c'était peut-être ses habits qui sentaient mauvais, qu'elle devrait en changer plus souvent, - mais il faudrait déjà que les magasins fassent des grandes tailles, et que les paquets qu'elle commande par correspondance arrivent.

Il a dit : Mais si, tu sens très mauvais, quand tu passes à deux mètres de moi, je sens une odeur pestilencielle.

Doofie a compris que les deux femmes qui l'avaient entendu chanter seule étaient jalouses. Alors qu'elle n'a jamais demandé à faire un solo. Elles étaient déjà jalouses avant même que l'on lui propose un rôle dans cette chorale, chose qui ne serait sans doute jamais arrivé, car on ne donne jamais de solos à Doofie, même si elle en a souvent très envie, sauf dans les cours de chant, où elle chantait à toutes les auditions, seule ou en duo. Si elle avait mal chanté, elle n'aurait pas eu toutes les premières mentions du débutant au supérieur.

Il s'est repris un peu, a dit qu'elle pourra revenir quand elle se sera lavée; Elle a dit : Mais je me suis lavée ce matin! Quand elle aura changé de vêtements : Pourtant, elle en change tant qu'elle peut, mais n'en a pas assez.

D'ailleurs, il y a des vêtements qu'elle ne trouve plus et elles se demandent si Schnelly ne jette pas ses vêtements à elle quand on dit qu'ils ne sont plus à la mode, pas suffisamment beaux, etc.. parce qu'il y a des gens qui font passer les remarques par son intermédiaire, remarques qu'ils ne communique jamais à Doofie.

Bon, Doofie a compris :

Doofie est boulotte : racisme contre une enrobée.

Doofie a mal aux genoux : racisme contre l'handicapée qu'elle ne veut pas être.

Doofie a les yeux marrons : racisme tout court.

Jalousie envers une artiste. Jalousie envers sa voix.

Pour défendre Doofie

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domino

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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